L’ex-préfet du Var et homme de confiance de
Charles Pasqua a passé lundi sa première nuit à la
prison de la Santé, établissement spécialisé dans l’incarcération des célébrités.
Jean-Charles Marchiani a en effet été définitivement condamné à deux peines de prison ferme de un et trois ans pour corruption, suite au rejet de son pourvoi en cassation du 19 mars. Il s’est donc présenté à la porte de la maison d’arrêt lundi après-midi.
L’incarcération d’un préfet de la république reste un événement exceptionnel, mais ce qui en l’occurrence pose problème à l’Etat français, c’est que le préfet Marchiani est également une figure héroïque de la patrie française : il est l'artisan de la libération des otages du Liban mais aussi un ancien agent du SDECE et un ancien serviteur fidèle du Ministère de l’Intérieur…
Quatre des anciens otages du Liban ont d’ailleurs lancé dans Le Monde un appel en faveur de la grâce du « sauveur des otages du Liban ».
« Je sais qu’il m’a sauvé la vie, a déclaré l’un d’entre eux, Jean-Louis Normandin. A Beyrouth, il était là. Je ne connais pas le dessous des affaires judiciaires et je ne veux pas les connaître mais je sais ce que nous lui devons. »
L’avocat de Jean-Charles Marchiani, Me Jacques Trémolet de Villers, a déposé un recours en grâce auprès de
Nicolas Sarkozy, et attend une réponse à sa requête déposée devant la cour Européenne pour violation de la présomption d’innocence et écoutes illégales.
Le président Nicolas Sarkozy s’est déclaré ce matin sur
RTL « (…) pas enthousiaste des grâces, en tout cas des grâces totales ». « Nous verrons s’il y a matière à faire grâce partielle ».

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