On se souvient que
Nicolas Sarkozy était allé présenté ses vœux le 12 janvier au corps enseignant à Saint-Lô où une manifestation importante l’attendait et où des sifflets étaient intervenus lors de son allocution.
Or, mercredi, Jean Charbonniaux, considéré comme un proche de Dominique de Villepin, a été nommé préfet hors cadre pour siéger en tant que membre du Conseil supérieur de l’administration territoriale de l’Etat et cela, sept mois après sa prise de fonction en tant que préfet de la Manche.
La gauche locale mais aussi la droite ont estimé que cette mutation était directement liée à la visite de Saint-Lô. Ainsi, le député-maire de Caen, le socialiste Philippe Duron a déclaré à l’AFP : « C’est une sanction bien évidemment. Le préfet a été sanctionné parce que les manifestations à Saint-Lô ont été importantes. Le président de la République y a pris ombrage ».
Le président UMP du Conseil général, Jean-François Legrand, a déclaré toujours à l’AFP : « Je trouve parfaitement lamentable qu’on puisse utiliser un représentant de l’Etat comme si on utilisait un kleenex. C’est scandaleux. C’est une pratique d’un autre temps contreproductive d’un point de vue politique ».
Le député de la Manche, UMP lui aussi, Philippe Gosselin a ajouté : « Cette sanction est très regrettable, injuste, c’est un mauvais signal politique. Cela donne l’impression que la manifestation du 12 s’est mal passée alors qu’il n’y a pas eu d’incident majeur ». Il a ajouté que lors de la manifestation, Nicolas Sarkozy « était très énervé d’entendre les manifestants le siffler. Il y a eu plus de monde qu’il n’en attendait à la manifestation, 3 000 manifestants à Saint-Lô, ça ne s’est pas vu depuis 20 ou 30 ans ».
Le vice-Président du conseil régional Basse-Normandie, Jean Karl Deschamps, PS, qui était parmi les manifestants le 12 janvier, a déclaré pour sa part : « On est en plein caprice d’Etat (…) C’est un détournement du pouvoir républicain absolument inacceptable ».
Bref… De droite comme de gauche, les politiques de la région s’insurgent de cette décision qu’a expliquée l’
Elysée en ces termes : « Si cela avait été une sanction, il aurait simplement été placé hors-cadre ».
Cela dit, avec on ne sait pas encore combien de personnes dans les rues aujourd’hui qui s’opposent à sa politique et manifestent pour un meilleur pouvoir d’achat, Nicolas Sarkozy ne pourra pas muter tous les préfets de France et de Navarre !