Des familles de sortie en ce beau dimanche de début d’été avec des enfants, des démonstrations spectaculaires de libération d’otages par des hommes des commandos parachutistes devant des spectateurs impressionnés dans une ambiance détendue et puis soudain, tout bascule, et la fête tourne à la tragédie : un sergent pointe son Famas en direction de la foule, et plusieurs personnes s’écroulent au sol, touchées par une rafale.
C’est le scénario tragique qui s’est déroulé hier dans la caserne du 3e Régiment de parachutistes d’infanterie de marine (RIPMa) basée à
Carcassonne, lors d’une journée portes ouvertes destinée au grand public.
« Pour une raison incompréhensible, des munitions à balles réelles ont été utilisées à la place de cartouches à blanc », a indiqué à l’AFP le colonel Benoît Royal, chef du service d’information de l’Armée de terre. Il semble difficile de croire qu’un soldat d’élite, rompu à des opérations sur les terrains les plus chauds de la planète (
Afghanistan,
Darfour entre autre) ait pu se tromper en chargeant son arme, alors que balles à blancs et balles réelles sont de couleur différente.
L’auteur des tirs, un sergent, a été mis en garde à vue.
« Selon le début de l’enquête, il s’agit d’un militaire parfaitement noté, rentrant d’opération, avec sept à huit années d’expérience. Il n’existe pas d’éléments permettant de penser qu’il y a eu chez lui un quelconque trouble de comportement, ou trouble psychologique », a déclaré le ministre de la Défense Hervé Morin.
Le Préfet de l’Aude, Bernard Lemaire, la thèse prédominante est « qu’il y a eu erreur, sous réserve des investigations qui sont engagées par la gendarmerie. La question qui se pose est : est-ce que le militaire a fait un geste criminel ou pas ? Pour l’instant personne ne peut y répondre ».
Il est à noter qu’un témoin a découvert près du mur d’enceinte, à l’extérieur de la caserne, ce qu'il a de prime abord pris pour une boîte de préservatifs, et qui s'est avéré être une boîte de balles réelles. L’objet a été remis à la gendarmerie. (Information France-Info.) Des armes ont également été saisies, et plusieurs personnes ont d’ores et déjà été interrogées.
Dix-sept personnes, dont quinze civils (et cinq enfants) ont été blessées lors de ce drame, et Un homme touché au thorax devait être opéré. Selon le responsable des secours, l’état des personnes blessées était « en voie d’amélioration » : elles souffrent essentiellement de blessures aux membres et aux articulations.
Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il souhaitait « au plus tôt le résultat des enquêtes déjà diligentées pour en tirer les conséquences qui seront exemplaires ».
Le chef de l’Etat devait se rendre sur place ce matin.