Sur la première question, c’est
Elisabeth Guigou, ex-garde des sceaux, qui l’a posée, alors que le juge Burgaud s’est vu infliger une « réprimande avec inscription au dossier » par le Conseil supérieur de la magistrature, soit la sanction la plus basse. Elle a ainsi estimé sur France-Info qu’il s’agissait d’un « nouveau fiasco pour la justice » en ajoutant « cette décision est perçue comme une offense par les victimes, et je le comprends évidemment (…) On a l’impression d’une cascade de catastrophes et on n’arrive pas à tirer les leçons de ce qui s’est passé ». Autre problématique soulevée : le fait qu’au sein du CSM, « il y a quelqu’un qui était chargé de contrôler l’instruction du juge Burgaud à l’époque » ce qui a choqué l’ex-ministre.
En conclusion de quoi, Elisabeth Guigou s’est exclamée : « Où est la Ministre de la Justice ? Elle préfère se faire ridiculiser sur des estrades que de s’occuper de son ministère ? que de faire vérifier que tous les membres de ce CSM n’ont, à un titre ou à un autre, pas participé à cette affaire ? ». Elle a aussi rappelé que la commission d’enquête d’Outreau avait conseillé la mise en place de pôles de l’instruction mais que tout cela s’est arrêté suite à la décision brutale de
Nicolas Sarkozy de supprimer les juges d’instruction.
Les avocats du juge Burgaud vont faire appel, estimant qu’il n’était pas le seul en cause dans cette affaire.
Certains accusés innocentés se sont déjà exprimés sur la question de cette réprimande, condamnant sévèrement cette décision et la réaction la plus virulente est venue de Lydia Mourmand, sœur de François Mourmand, accusé et décédé en prison, qu’on a tendance à un peu trop oublier dans cette triste affaire (cf La
Voix du Nord)… « Il convient de rappeler que l’affaire d’Outreau s’est soldée par la mort d’un être humain… Non pas d’un suicide mais d’une mort lente et horrible suite à une agonie de plusieurs mois ». Elle en appelle donc au Conseil supérieur de la magistrature, à
Rachida Dati et à Nicolas Sarkozy. Très justement, elle a argué : « Ces derniers temps, on se dit scandalisé par des séquestrations, mais la mort d’un homme n’est vraisemblablement pas, elle, scandaleuse puisqu’elle ne serait sanctionnée que par une réprimande ! »… « Il faut ajouter aux principes des droits de l’homme que ceux-ci varient suivant le statut social des individus (…) A-t-on pensé à lui ? »….
… Sans commentaires…

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