La présence du président syrien Bachar el-Assad en
France à l’occasion des festivités du
14 juillet suscite de vives réactions, notamment de la part de ses opposants exilés dans les pays voisins.
Ceux-ci considèrent en effet qu’un pays démocratique comme la France ne peut pas accueillir un « dictateur » (sic) sur son territoire.
« Pour moi, la France a toujours été le pays de la liberté », explique un de ces opposants au quotidien
Libération. « Je suis choqué et déçu. Les puissances occidentales disent qu’elles défendent les droits de l’homme, mais en réalité c’est juste un discours qu’elles utilisent pour faire pression sur un pays quand ça les arrange. Au fond, elles s’en moquent pas mal ».
« Nous ne comprenons pas comment votre président a pu inviter notre dictateur à assister au défilé du 14 juillet », ajoute-t-il.
Les quelques mois qui ont suivi l’accession de Bachar el-Assad au pouvoir en 2000 avaient pourtant laissé présager une ouverture démocratique ; et des militants n’avaient pas hésité à prendre la parole publiquement, appelant à une démocratisation progressive du régime par la levée de l’état d’urgence, la suspension des tribunaux d’exception et la mise en place du « droit à la création de partis politique ».
Quelques mois après, de nombreuses personnalités emblématiques de l’opposition ont été incarcérées ou se sont exilées. Le journaliste Michel Kilo et l’activiste des droits de l’homme Anwar al-Bunni ont ainsi été condamnés en 2006 à trois et cinq ans de prison pour « affaiblissement du sentiment national ».
Selon Hadim Noury, représentant de Human Rights Watch au
Liban, « la marge de tolérance du régime [syrien] est actuellement proche de zéro ».
En témoignent, entre autres éléments, l’interdiction en
Syrie de sites internet
Facebook, Youtube ou Blogspot.
« Le quotidien de notre peuple, c’est ‘Big Brother vous regarde’ », explique le fils d’un intellectuel en exil. « Les autorités surveillent tout et attention à celui qui ose parler politique ! Il sera harcelé, emprisonné et toute sa famille sera mise au ban de la société. »
Persona non grata il y a encore quelque temps, soupçonné d’être impliqué dans l’assassinat de Rafic Hariri, le Premier ministre libanais, et de soutenir le Hezbollah, Bachar el-Assad bénéficie d’une forme de retour en grâce auprès de la communauté occidentale. Il assistera ce week-end au sommet de l’Union pour la Méditerranée à
Paris puis au défilé du 14 juillet, à un moment charnière de l’histoire de la Syrie : des négociations avec
Israël concernant le plateau du Golan.
Bachar el-Assad a d’ailleurs demandé à
Nicolas Sarkozy « de jouer un rôle important » dans ce processus de paix.