Si officiellement Boutin et Amara travaillent de façon très «complémentaire» et qu’il n’ya «pas de problème» entre elles, leur visite hier à Vaulx-en-Velin (une banlieue lyonnaise) a pour autant prouvé le contraire.
En déplacement dans le Rhône hier en vue de présenter les grandes articulations du « plan espoir banlieue », la ministre et sa secrétaire n’ont pas dissimulé leurs points de vue contradictoires, mais aussi leurs distances.
En effet, en prenant la parole la première, Mme Boutin a terni les principales annonces en mettant en exergue, la déconcentration des moyens, afin de laisser les maires décider de ce qu’ils veulent faire, en soulignant la lutte pour le désenclavement des quartiers, et enfin en annonçant la simplification annoncée des procédures. Elle a déclaré : «passer de la logique des territoires à celle des personnes».
Plus tard, à son tour, Mme Amara reprend cette expression en déclarant qu’ «il faut agir autant sur le bâti que sur les hommes et les femmes. Cela veut dire qu’il est vain d’opposer populations et territoires. Les deux sont liés.»
Au cours de son intervention,
Fadela Amara a souligné les problèmes d’emploi, en s’engageant pour février, à proposer des «dispositifs précis», afin de créer dans les cités «plus de 45 000 emplois en trois ans».
Au tour de Mme Boutin de dire sans hésiter : «Personnellement, je suis plus prudente avec les chiffres».
A la question, faut-il donner, ou non, la priorité aux quartiers en difficulté ? Fadela Amara répond que « oui » en promettant de mettre l’accent sur les 100 cités les plus en difficulté et de faire du «sur mesure».
Quant à
Christine Boutin « il faut traiter les quartiers comme le reste des villes ». Pour ce qui est de l’investissement pour la réalisation du Plan « Espoir Banlieue », Christine Boutin veut pour sa part «regarder de façon globale» la situation. Selon elle, «les problèmes des banlieues se posent à l’ensemble de la société. Les cœurs de villes ne doivent pas être oubliés. Moi, je m’occupe aussi de l’exclusion, et même des SDF».
Toute une confusion étouffée accompagnée de sourires. Toutefois, l’entourage de Fadela Amara insistait judicieusement sur leurs différences en disant qu’ «elles travaillent très bien ensemble parce qu’elles sont complémentaires. Christine connaît bien la politique, et Fadela les problèmes de banlieues.»