Selon une enquête TNS Sofres/Logica réalisée pour le quotidien Metro, enquête parue ce jour, 37 % des internautes français sont des pirates puisqu’ils avouent avoir déjà téléchargé de manière illégale ou avoir utilisé des contenus piratés. Pour 29 % il s’agit d’œuvres culturelles (musique, films, séries TV, jeux vidéo). 8 % avouent avoir utilisé des contenus téléchargés de manière illégale sans avoir procédé eux-mêmes au téléchargement, ils auraient donc fait des copies de programmes téléchargés illégalement.
Ce sondage a été effectué récemment avec garantie d’anonymat après de 1 000 personnes représentant l’ensemble de la population de 18 ans et plus selon la méthode des quotas, ces personnes étant interrogées face-à-face. Dans ce cadre, les adolescents n’ont pas été interrogés alors que l’on sait qu’ils sont les plus grands consommateurs d’Internet… Ce pourcentage devrait donc être bien plus important d’autant plus que les jeunes adultes qui ont répondu au sondage sont bien plus friands de téléchargement illégal et de consommation de produits piratés (57 % pour les 18-24 ans !). La musique vient en tête (20 %), suivi des films (13 %), des séries TV (5 %) et des jeux vidéos (4 %). De plus, ce sont des personnes qui déclarent leur acte, c’est donc sans compter ceux qui n’avouent pas.
Alors pourquoi ? La raison évidente est d’abord le prix des produits culturels. S’acheter un CD de musique n’est pas à la portée de toutes les bourses et de nombreux CD neufs sont désormais impossibles à copier entre copains comme cela se faisait avant avec les simples K7 audio. De plus, télécharger un morceau musical ne pèse pas lourd dans le téléchargement par rapport à un jeu vidéo ou à un film qui sont de taille plus importante. En outre, sur un jeu vidéo et sur un film, les avertissements sont clairement définis quant au piratage. Autre raison qui peut expliquer le piratage : les jeunes n’ont pas forcément conscience qu’ils commettent un acte répréhensible en piratant un morceau de musique et que cela peut entraîner des sentences. Sans sanction véritable jusqu’alors, ils ne voient pas pourquoi ils devraient changer leurs habitudes. Autre piste de réflexion : les chiffres d’affaires et les fortunes parfois étalées des artistes dans les journaux alors que les gens galèrent à trouver un emploi ou à boucler leur budget. On peut aussi évoquer la méconnaissance de ce que représente le temps et les efforts passés à créer une œuvre musicale. D’ailleurs, il a été prouvé récemment que les internautes utilisaient dans leur grande majorité le plus souvent Internet pour des loisirs, trop chers hors du champ d’Internet.
Reste que ce sondage précède la discussion à l’Assemblée du projet de loi « Diffusion et protection de la création sur Internet » présenté par
Christine Albanel. Une de ses mesures prévoit la création d’Hadopi, Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet. Force est de constater que l’Hadopi ne fait pas l’unanimité, ce projet est d’ailleurs mis en cause par
Bruxelles. En effet, Hadopi envisage d’abord le lancement d’avertissement avant la coupure pure et simple d’Internet. Ses détracteurs déclarent que ce procédé est illégal puisque infliger des peines sans passer par un tribunal est une violation des principes de la justice puisqu’il n’y aurait plus dans ce cas, de débat contradictoire indispensable à toute prise de sanction et de décision répressive.
Ça va chauffer dans l’hémicycle !

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