Hier, une vingtaine de cuisiniers et agents d’entretien (en majorité d’origine africaine) d’une chaîne de restaurant ont monté un piquet de
grève qui, selon le porte-parole du mouvement (Traoré Issaga), « durera jusqu’à la régularisation ».
En effet, comme eux, il y’a aujourd’hui, plus de 250 employés sans-papiers travaillant au sein d’une vingtaine d’entreprises de la capitale française et l’on se rappelle qu’après leur mobilisation, des salariés sans-papiers des restaurants Buffalo Grill, La Grande Armée ou Modeluxe avaient pu être régularisés.
Mais, pour la première fois, certains sans-papiers grévistes, ont pu obtenir le soutien de leur patron.
Par exemple, Johann Le Goff (gérant de l’entreprise Konex), vient de réunir une quarantaine d’employeurs afin d’obtenir la régularisation de leurs salariés. Mais la réelle motivation de cette démarche venant des patrons de sans-papiers est que ces derniers « travaillent dans des secteurs dits « sous tension » (c’est-à-dire en déficit de main-d’œuvre) : ce qui les obligent à recruter des étrangers tout en sachant (comme le souligne Bruno Druilhe (patron du restaurant en grève) qu’ « ils ont besoin de bosser, et moi de bras ».
Ce dernier employaient des « sans-papiers depuis des années « sans le savoir » et, c’est suite au décret de juillet 2007 obligeant les employeurs à vérifier auprès de la
Préfecture, l’authenticité des documents présentés par les salariés, qu’il a (comme nombre d’employeurs) découvert la vérité.
Certains patrons avaient alors décidé de se séparer de leurs salariés : ce que n’admet pas la
CGT en soulignant que, « les patrons, après les avoir longtemps exploités, sont obligés de bouger car, ils veulent les garder ».
Dans cette bataille, le PCF s’est également impliqué en assurant que le mouvement s’élargit..
Rappelons qu’une circulaire de janvier 2007 invite les employeurs de « bonne foi » ayant embauché des sans-papiers, à se présenter à la préfecture pour obtenir leur régularisation. Une liste « sous tension » y est publiée mais, l’application du texte est (tout de même) de l’appréciation des préfets.