Arrêtés depuis le 17 décembre à Niamey au Niger pour "atteinte à la sécurité de l'Etat", Pierre Creisson et Thomas Dandois ont été libérés après le versement d'une caution de 15.000 euros chacun, imposée par la justice nigérienne.
Ils ont pu quitter le camp pénal de Kollo (situé à 20 km de la capitale nigérienne) et rejoindre l'ambassade de
France à Niamey avant de s’envoler pour la France où ils sont attendus à l’aéroport d’Orly, cet après-midi.
Cette arrestation a été faite, car la trangression de l’interdiction d’aller dans le nord du pays, leur avait été reprochée. En effet, ces journalistes français travaillant pour la chaîne de télévision franco-allemande ARTE et la société de productions Camicas Productions, s’y sont rendus en vue de réaliser un reportage sur la rébellion touaregue du Mouvement des Nigériens pour la justice : la MNJ (et non pas sur la grippe avaire comme ils l'avaient prétendu).
Cette libération a été accélérée « … parce qu'il y a eu aussi des interventions au plus haut niveau qui ont permis de faire prendre conscience à tout le monde que tout cela était disproportionné » mais aussi parce qu’« un certain nombre d'interventions au plus haut niveau des Etats, que ce soit en France, au Niger mais aussi dans un certain nombre d'Etats africains qui ont permis de débloquer le dossier" (selon Robert Ménard, le secrétaire général de RSF).
Par ailleurs, dimanche dernier, le
groupe Areva a signé un accord sur l'exploitation de l'uranium dans le nord du Niger, dans la zone touareg, dans la zone de la rébellion, et ça s'est faisait partie du passif entre la France et le Niger ».
Bernard Kouchner et
Nicolas Sarkozy (qui s’est entretenu par téléphone jeudi avec Mamadou Tandja, le président nigérien se réjouissent du dénouement de cette affaire.
Mais si les 2 français ont été libérés, leur chauffeur, inculpé de complicité d'atteinte à la sécurité de l'Etat » ne l’est pas encore et son
avocat prévoit déposer au cours de la matinée, une demande de remise en liberté provisoire.
D’autres personnes dont Ibrahim Manzo ( directeur de publication de l'hebdomadaire Aïr Info), Moussa Kaka Diallo correspondant de RFI et de Reporters sans frontières au Niger, sont également détenus respectivement à Agadez depuis fin octobre et fin septembre 2007, à la prison civile de Niamey pour "connivence" avec la rébellion touarègue du MNJ et ne sont toujours pas libérés. Rappelons que, cette inculpation prévoit au Niger, la peine maximale, c’est-à-dire, la peine de mort.