Alors même que lycéens et enseignants battaient le pavé pour protester contre les suppressions de postes dans l’Education Nationale,
Nicolas Sarkozy a jeté un pavé dans la mare en annonçant son intention de demander « au gouvernement de déposer avant l’été un projet de loi qui instituera un droit à l’accueil des enfants inscrits dans nos écoles. »
Le fameux service minimum d’accueil (SMA), consistant à utiliser les retenues effectuées sur les salaires des grévistes pour rémunérer des agents municipaux réquisitionnés par l’Etat serait ainsi instauré sous peu.
« Je respecte le droit de grève, a précisé le chef de l’Etat. Mais la grève pose des difficultés insurmontables à beaucoup de familles, en particulier aux familles les plus modestes. Mon devoir, c’est de les entendre ».
Ce projet, plutôt bien accueilli par un certain nombre de familles qui se trouvent en effet en grande difficulté lors des mouvements de grève des enseignants (obligation de prendre des RTT ou des jours de congés pour garder les enfants, recours à des modes de garde improvisées qui grèvent le budget des familles, etc.) a suscité comme on s’en doute des critiques de la part de la gauche et des syndicats d’enseignants.
François Hollande, le premier secrétaire du
Parti Socialiste, a ainsi accusé Nicolas Sarkozy de vouloir « diviser les Français », et jugé le texte « inapplicable et inconstitutionnel ». ;
Bertrand Delanoë a pour sa part déploré la méthode du chef de l’Etat : « Toute réforme, pour être comprise et efficace, suppose des discussions approfondies avec les personnels, les parents d’élèves et les collectivités locales concernés ».
Pour le secrétaire général de la
CGT, Daniel Sanchez, il s’agit « d’une provocation. (…) Ses propos ont été focalisés sur les élèves qui n’avaient pas d’enseignants, comme si les enseignants et les fonctionnaires n’avaient pas de problèmes, et alors qu’il existe un malaise profond ».
D’autres responsables syndicaux et d’associations de parents d’élèves parlent également de « provocation » de la part du chef de l’Etat ; le porte parole de la Fidl, un des principaux syndicats lycéens, allant jusqu’à déclarer que son organisation est « scandalisée par les propos du Président de la République »…