Quelques heures à peine avant le début de la présidence française de l’
Union Européenne, Nicolas Sarkozy a présenté lundi soir sur
France 3 les projets qu’il entend mettre en œuvre au cours des six prochains mois, dans un contexte tendu tant la ratification du
traité de Lisbonne semble plus que jamais compromise.
Le chef de l’Etat a ainsi fixé cinq grandes priorités dans sa politique de présidence des 27 pays de l’Union.
En premier lieu : l’environnement. Nicolas Sarkozy estime que ce sujet « est sans doute le dossier le plus délicat de la présidence » et effectivement, la bataille sera rude pour la
France, qui veut mettre clore les débats européens sur le thème du « paquet climat-énergie » et doit pour ce faire convaincre les 26 autres membres d’accepter en l’état le projet établi par la Commission, qui vise à réduire les émissions de CO2 et à promouvoir les énergies renouvelables. Les derniers entrants comme la
Pologne et les pays baltes qui craignent de voir ces mesures freiner leur croissance, risquent de traîner les pieds.
Sur le sujet de la TVA,
Nicolas Sarkozy entend ouvrir le débat sur plusieurs points : tout d’abord, il souhaite faire cesser le système de prélèvement sur le pétrole à partir d’un certain niveau de prix et réduire le taux de
TVA à 5,5% dans la restauration mais aussi sur le disque et la vidéo, qui « sont des produits culturels au même titre que le livre. »
Troisième proposition présidentielle : inciter la Banque Centrale Européenne à ne pas opter pour une hausse des taux. « L’inflation d’aujourd’hui est due à l’explosion des matières premières, alors on ne va pas m’expliquer que pour lutter contre l’inflation il faut monter les taux d’intérêt !», a fait valoir le chef de l’Etat.
Sur le problème de l’immigration, Nicolas Sarkozy plaide pour que l’Europe se protège : il a rappelé qu’il y a « 450 millions de jeunes Africains de moins de 17 ans et que l’Afrique est à 13 kilomètres de l’Europe » et a appelé de ses vœux la mise en œuvre du Pacte Européen de l’immigration, qui doit être présenté aux ministres de l’Intérieur et de la Justice des pays membres les 7 et 8 juillet prochains par
Brice Hortefeux.
Enfin en ce qui concerne le « non » de l’
Irlande à la ratification du Traité de Lisbonne, Nicolas Sarkozy a laissé entendre qu’il chercherait à inciter les Irlandais à voter à nouveau. « Je ne veux pas le dire comme ça, parce que ça donnerait le sentiment de leur forcer la main », a-t-il toutefois nuancé, en fin diplomate.
En dépit de ces belles intentions de la part du chef de l'Etat la présidence de la France commence sur un couac de taille : le président polonais a affirmé hier son intention de ne pas signer le processus de ratification, malgré l’acceptation de son pays lors du référendum.
On connaît l’énergie débordante de Nicolas Sarkozy : celle-ci devrait être mise à l’épreuve au cours de six mois qui viennent…