Alors que
Nicolas Sarkozy fêtera demain la première année de son mandat, le bilan du Président et de son Premier Ministre
François Fillon est on ne peut plus mitigé.
Bien des événements ont jalonné cette première année élyséenne de Nicolas Sarkozy, aussi bien en ce qui concerne sa vie privée que ses occupations publiques : c’est d’ailleurs cette confusion des genres qui a provoqué le plus grand nombre de polémiques et de réactions dans la classe politique comme dans l’ensemble de la population française.
On se souviendra d’un Président offrant l’image d’un showman hyper médiatique et totalement décomplexé, fêtant sa victoire dans un haut lieu parisien de la fête, le
Fouquet’s avant de parader sur le pont du yacht de son ami
Vincent Bolloré ; de l’exposition de la famille recomposée de Nicolas et
Cécilia Sarkozy sur le perron de l’
Elysée et de l’affaire de la larme imaginaire essuyée sur la joue de la future ex-épouse, puis du divorce, de la rencontre avec
Carla Bruni, du remariage rapide dans une intimité néanmoins mise en avant par les médias, de l’histoire du SMS… bref, d’une extraversion qui lui vaudra le surnom, à la une de
Libération, de « Président bling bling »…
Hyper médiatique, Nicolas Sarkozy l’a également été dans l’expression de sa vie publique : entre ses multiples déplacements sur le territoire français et ses voyages à l’étranger, officiels ou pas, ses nombreuses déclarations, parfois à l’emporte-pièce, sur des sujets qu’il ne maîtrise pas toujours (la lettre de Guy Mocquet , la décote pour les retraites des cheminots), son emportement au salon de l’Agriculture, le Président a vu sa côte de popularité se réduire au fur et à mesure que son image colonisait les écrans et la une des journaux ; phénomène expliqué également par le fait que les promesses proférées au cours de la campagne tardent à se concrétiser…
La deuxième partie de l’année aura été marquée par un recadrage des fonctions : Nicolas Sarkozy se montrant - enfin – disposé à laisser son Premier Ministre occuper le devant de la scène. Plus discret mais toujours aussi déterminé, le Président se recentre sur ses chantiers et sa volonté de réforme de la société, et semble décidé à garder le cap fixé dès son entrée en fonction, comme il l’a répété à l’occasion de son allocution télévisuelle d’avril dernier.
On peut penser qu’à l’entame de sa deuxième année de mandat, Nicolas Sarkozy devra, s’il ne veut pas chuter davantage dans les sondages, persuader les Français de faire preuve de patience, et leur démontrer que la situation difficile qu’ils traversent depuis quelques mois n’est pas due à sa politique mais à la conjoncture internationale.
Il faudra pour ce faire qu’il s’abstienne d’étaler son train de vie dispendieux à la une des journaux pendant que ses électeurs sont contraints de se serrer la ceinture…