On n’assiste pas tous les jours à la chute d’une monarchie…
La dernière royauté d’Asie du Sud, vieille de 239 ans, est donc sur le point de disparaître avec le départ du Palais Royal du roi Gyanendra, 60 ans, héritier de la dynastie des Shah, unificatrice du Népal au 18e siècle. Ce dernier, très impopulaire en raison de son arrogance, vivait reclus dans son palais depuis 2006, dépouillé de la totalité de ses pouvoirs de chef d’Etat et de chef des armées. Il était devenu roi en 2001, suite à la mort de son frère Birendra, assassiné lors d’un massacre collectif mis en ouvre par le prince héritier.
Cette véritable mutation institutionnelle dans ce petit pays coincé entre la
Chine et l’
Inde arrive suite à une succession d’événements tragiques, dont une rébellion d’un
mouvement maoïste qui aura duré dix ans (de 1996 à 2006) et fait 13 000 morts. L’abolition de la monarchie avait été un point central de l’accord de paix conclu entre les maoïstes et les parlementaires : celle-ci est donc devenue officielle mercredi 28 mai, suite à la réunion inaugurale de l’Assemblée constituante à Katmandou.
La nouvelle république sera de toute évidence dirigée par le PCN-M, le Parti Communiste Népalais – Maoïste, vainqueur des élections constituantes du 10 avril dernier. Le premier ministre népalais a en effet invité les ex-rebelles à former un gouvernement.
En réaction à cette instauration, quelques extrémistes royalistes ont perpétré des attentats de faible puissance lundi et mardi, qui n’ont fait que des blessés légers. Dix mille policiers ont toutefois été déployés dans les rues de Katmandou.

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