C’est finalement au premier jour de l’examen de sa personnalité devant la cour d’Assises des Ardennes que
Michel Fourniret a laissé s’exprimer une part d’humanité qu’il avait jusque-là fait en sorte de réprimer dans un mutisme affiché.
Non pas à l’occasion du témoignage de son frère aîné, André, qui l’a présenté comme une homme a la double personnalité dont le mutisme le protègerait de lui-même et qui s’est attardé longuement sur ses propres difficultés à assumer la parenté d’avec ce frère pour le moins « particulier » : à aucun moment Michel Fourniret n’a daigné s’adresser à lui.
C’est seulement lors du témoignage de la fille de son ancien patron, pour lequel il avait travaillé en tant qu’ouvrier fraiseur dans les années soixante, que la carapace de Michel Fourniret s’est fissurée pour la première fois.
Dominique Catoire l’a en effet imploré de donner à la cour les explications qu’elle lui demande depuis six semaines de procès.
« Ce que Papa t’a enseigné, c’est l’amour de ton prochain et surtout d’admettre tes erreurs et de les assumer. Fais-le pour lui », a-t-elle supplié le tueur en série.
Devant l’insistance et sous le regard direct de Dominique Catoire, Michel Fourniret s’est alors mis à sangloter en s’agrippant à la paroi du box ; mais n’a pas modifié sa décision pour autant.
« Dominique, je n’ai pas pris cette décision à la légère, je ne peux en changer. Je ne peux pas. On ne peut demander pardon pour ce qui est impardonnable. Demander pardon, ça ne tient pas en deux phrases, mais en toute une vie » a-t-il répondu à ce témoin de ses jeunes années…
C’est finalement l’évocation d’une période probablement heureuse de sa jeunesse qui aura fait craquer le tueur en série présumé, une époque où le « monstre » qu’il va reconnu être n’avait pas encore émergé…
On se souvient que Jean-Claude Roman, le faux médecin qui avait assassiné toute sa famille pour ne pas avoir à leur révéler son mensonge, avait craqué pour la première fois à l’occasion de l’évocation… de son chien.

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