Comme il l’avait promis, Michel Fourniret s’est enfin décidé à parler…
Et quand Michel Fourniret parle, c’est avec abondance et dans les termes parfois précieux d’un homme qui s’enorgueillit de sa culture littéraire et de son état d’autodidacte ; et il s’emploie à alterner les appréciations personnelles sur ses actes passés et les regrets.
Devant ses victimes « de la première époque », c’est à dire avant qu’il ne rencontre
Monique Olivier, Michel Fourniret a intégralement reconnu les faits.
Le dialogue s’est même engagé entre Dahina Le Guennan, âgée de quatorze ans lors de son agression en 1982 et le tueur en série présumé devenu soudain piteux.
« Quand vous vous êtes rhabillé, que je vous ai dit que je pouvais être votre fille, vous avez pleuré… » a-t-elle asséné à son violeur, en le regardant droit dans les yeux., avant d’ajouter « Vous n’avez pas marqué ma vie… »
Réponse de Fourniret : « Une partie de tout ça a échappé à ma mémoire. Je crois que c’est beaucoup plus marquant quand on est victime. »
Devant une autre de ses victimes, Florence Mallet, qui lui assénait « Vous êtes un sale minable influençable, quand vous avez quelqu’un de fort devant vous, vous n’êtes plus rien… », il a même admis « Je pense qu’à votre place, j’aurais eu les mêmes mots… »
Au fil des débats, Michel Fourniret reconnaît sa mégalomanie, admet ne pas avoir réussi à assouvir sa quête de la virginité (« Tant que je n’ai pas la réponse à ce que je cherchais, je reste quelqu’un d’extrêmement dangereux »), précise sa position par rapport à Monique Olivier (« Je pense que nous allons régler nos comptes par micro, avec Monique. Ca commence à faire beaucoup. »)
Demain et vendredi, les familles des victimes pourront poser à l’assassin de leurs filles les questions qu’elles ont sur le cœur depuis si longtemps…
Et cette fois, il a promis de répondre.