Hier, la Cour d'assises des Ardennes s’est une nouvelle fois penché sur le dossier Fourniret en ouvrant celui du meurtre de Natacha Danais (une jeune fille de 13 ans) enlevée le 21 novembre 1990 près de Nantes.
Ce procès est le cinquième des 7 homicides reprochés à
Michel Fourniret et pour lequel, l'épouse du tueur en série présumé est accusée de complicité.
Dans le dossier Natacha Danais, le dernier dans lequel
Monique Olivier est impliquée, l’orgre des Ardennes est accusé d'avoir enlevé l'adolescente puis de l'avoir étranglée, après avoir essayé de la violer. Son corps avait été retrouvé sur une plage de Vendée 3 jours après sa disparition.
Au début d'audience, comme pour les autres meurtres, le tueur en série s'est contenté de reconnaître brièvement les faits.
De son côté, l’épouse de Michel Fourniret a raconté comment son mari lui avait dit « avoir repéré quelqu'un » alors qu'ils se trouvaient sur le parking d'un supermarché à Rezé en Loire-Atlantique : un endroit où les 2 complices s'étaient arrêtés alors qu'ils rentraient dans les Ardennes.
Un jour plus tôt Monique Olivier et son époux avaient été condamnés par le tribunal correctionnel de
Nantes pour avoir brûlé des tableaux d'André Michaux (le premier mari de la complice).
Abordée au prétexte d'une recherche d'itinéraire, Natacha Danais était montée à l'arrière du véhicule du couple. La jeune fille retournait chez elle à pied pour aller chercher le porte-monnaie oublié par sa mère. C’est sa sœur Christine Havez (entendue comme témoin) qui a confirmé qu'il lui « avait semblé voir la silhouette de sa soeur monter à l'arrière d'un véhicule C15 ».
D’après l'accusation, le Monique Olivier et son époux auraient roulé un certain temps avant de s'arrêter dans un endroit isolé. Pendant que son épouse s'éloignait, Michel Fourniret aurait violé la jeune fille, avant de déposer le corps sur une plage en Vendée.
Un fois encore interrogée sur son absence de réaction par le Président, Monique Olivier a rappelé à nouveau la « peur permanente » que lui inspirait son mari, tout en reconnaissant (tout de même) qu'elle avait accepté de nettoyer le sac de couchage quia avait servi à envelopper le corps de l’adolescente.
Lors des témoignages, un des enquêteurs belges (qui a recueilli les aveux du couple en 2004), a rappelé comment Michel Fourniret avait dit avoir été obligé d'étrangler la jeune fille qui se débattait après lui avoir perforé 2 fois la poitrine avec « un poinçon cruciforme » rangé dans sa boîte à outils.
En début d'audience, , la mère de Natacha Danais (Marie-Josèphe Sculo), secouée de sanglots, n'étaient pas parvenue à prendre la parole. Quant à Davina (une autre soeur de Natacha), elle a fondu en larmes en racontant avoir refusé ce jour-là de l'accompagner chercher le porte-monnaie.
Pour ce qui est du frère de la victime (Christophe Grelierà, il a déclaré hors audience que « depuis des années, elle vit avec ce poids sur les épaules de ne pas être allée avec elle. Ca aurait tout changé ». Il continue en disant « comme pour ma soeur qui l'a vue monter dans le véhicule, elle porte ce poids depuis 18 ans ».
Au cours de l’après-midi, l’accusé a fait une « dérogation » à sa résolution de mutisme en essayant de s'adresser directement aux parents de Joanna Parrish Roger Parrish et Pauline Sewell (la Britannique de 20 ans tuée près d'
Auxerre en mai 1990) qui étaient présents à l'audience hier et aujourd’hui pour l'examen du dossier Danais.
Le 11 mars il a été mis en examen pour ce meurtre qu'il a toujours nié.
Michel Fourniret a invoqué un défaut de « mémoire » et nié une confusion entre les meurtres de Natacha et Joanna, dans le but d’expliquer une contradiction dans une déposition où il disait avoir entièrement dévêtu Natacha : le corps de Natacha a été retrouvé à moitié déshabillé, alors que celui de Joanna l'était entièrement.