« Putes de tous les pays, solidarité », « L’Etat nous baise et prend notre argent, l’Etat est proxénète », « Racolage actif, répression active » ; voilà quelques exemples de banderoles brandies par les prostituées réunies hier devant l’église Saint-Nizier de Lyon, 33 ans exactement après l’occupation de ce même lieu par leurs consoeurs.
Objet de cette manifestation : dénoncer leurs conditions de travail.
« Le 2 juin 1975, les prostituées lyonnaises occupaient Saint-Nizier pour protester contre le harcèlement policier et les violences dont elles étaient la cible. Le 2 juin 2008, la situation des personnes prostituées reste à
Lyon comme ailleurs extrêmement précaire » a lancé au micro une éducatrice de l’association Cabiria, Aude Bonjotin.
Le visage couvert d’un masque blancs, les prostituées lyonnaises ont défilé dans les rues du centre-ville de Lyon jusqu’à l’Hôtel de Ville.
Elles protestent essentiellement contre les contrôles de police et la verbalisation régulière de leurs voitures, garées dans le quartier de Gerland.
« Ce matin, les flics sont passés trois fois et nous ont toutes distribué des PV à 35 euros qu’on est obligées de payer, ça devient fatiguant » confiait l’une d’entre elles.
Les prostituées revendiquaient également l’abrogation d’un article de loi qui pénalise le racolage passif, la reconnaissance des personnes prostituées comme des citoyennes à part entière et la mise en place de rencontres de médiation avec les habitants du quartier de Gerland.
On imagine la réaction des ménagères dont le mari souhaiterait participer à une de ces réunions : les soirées risquent d’être chaudes dans les foyers lyonnais…

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