Aujourd’hui, les salariés du Journal
Le Monde observent une
grève historique avec non-parution du journal tandis que la tension monte dans le groupe, suite à l’annonce il y a une semaine par le directoire, d’un plan de redressement (plus drastique et que ce que les salariés redoutaient) prévoyant 130 suppressions d’emplois au quotidien et des cessions de magazines.
Selon Maurice Hadida (délégué CGT du Monde), la grève des salariés qui s’annonce « très dure », a été votée avec par une très large majorité.
En effet, depuis la création en 1944 du journal Le Monde, c’est la première fois que les journalistes devraient poser leur stylo et provoquer ainsi, la non-parution de l’édition datée de mardi.
Selon Patrick Eveno (professeur à la
Sorbonne et auteur de "Histoire du journal le Monde, 1944-2004), l’équipe de la rédaction du Monde n’a brandi cette menace qu’à 2 autres reprises : en 1951 et en 1984 mais finalement, ces deux mouvements avaient été suspendus.
Ce plan de redressement donne suite à une situation déficitaire et à un lourd endettement obligeant le directoire à présenter une série de mesures dont le but est de restaurer l’équilibre du quotidien et de ses suppléments à échéance 2010.
Ce plan de redressement ne pourrait de faire que grâce à « une économie structurelle minimum de 15 millions d’euros sur deux ans ».
C’est pourquoi, ledit plan prévoit la suppression de 130 emplois à la Société éditrice du Monde (SEM) : ce qui correspond à 85 à 90 journalistes, soit le 1/4 de la rédaction.
Pour une fois dans l’histoire du quotidien Le Monde, la Direction a annoncé que ces suppressions de postes ne se feraient pas uniquement suite à des départs volontaires, mais aussi départs contraints.
Par ailleurs, le plan de redressement prévoit la cession d’entités « déficitaires ou non-stratégiques » regroupant 170 emplois dont : le réseau de librairies spécialisées en littérature religieuse La Procure, les Editions de l’Etoile (société éditrice des Cahiers du Cinéma), Fleurus Presse (presse jeunesse), et le mensuel Danser.
Eric Fottorino (Président du Directoire du Monde) qui déclare « regretter » le mouvement de grève, a assuré que ce plan sera mené de façon la plus « efficace » et « équitable » possible.