Depuis le 20 janvier dernier, avec l’annonce de la mort de Louis de Cazenave, Lazare Ponticelli était officiellement le dernier survivant des combattants de la
Première Guerre mondiale.
Mais aujourd’hui, il est décédé au Kremlin-Bicêtre dans le Val-de-Marne en
France.
Né le 7 décembre 1897 en Bettola en
Italie (et plus précisément dans le hameau de Groppo Ducale), ce franco-italien étaient également aussi le neuvième homme de nationalité française en 1939 à entrer dans la liste des « supercentenaires ».
Rappelons que, le 11 novembre dernier, il avait (comme chaque année) rendu hommage à ses camarades morts en 14-18 lors de la commémoration de l'
Armistice au Kremlin-Bicêtre dans le Val-de-Marne, près de
Paris.
Ce dernier « poilu » dont la vie est comparable à un roman, a toujours été très attaché à la participation de ce qu'il considère comme un devoir: « pendant la guerre, un camarade m'a dit " Si je meurs, vous penserez à moi ", et je n'ai jamais oublié ».
Soucieux de rendre compte en racontant la guerre de 1914-1918 dans les écoles, Lazare Ponticelli était fier de son parcours. Parcours d’un petit italien parti tout seul à 9 ans et demi de son village natal, dans le nord de l'Italie, pour fuir la misère et gagner le "paradis" qui était pour lui à l’époque, la France.
A l’âge de 16 ans (en 1914) il s'engage dans la Légion étrangère (1er Régiment de marche de Sidi-Bel-Abbès) et l’année d’après, à l'entrée en guerre de l'Italie aux côtés de la France, il a du partir combattre pour son pays natal contre les Autrichiens. Là, il retiendra une chose : « c'est complètement idiot la guerre » !
En 1916, Lazare Ponticelli rentre en France et, 4 années plus tard, il monte avec ses frères, la société Ponticelli Frères (entreprise de montage et d'entretien de cheminées d'usine et de raffinage du pétrole) qui compte aujourd’hui, 2.000 salariés. Il sera naturalisé français en en 1939.
Homme d’honneur, Lazare Ponticelli a refusé les funérailles nationales promises en 2005 par
Jacques Chirac pour le dernier des 8,5 millions de poilus. Il a dit en ces termes : « si c'est moi le dernier, je dis non. Ce serait un affront pour les gens qui sont morts sans considération ».
Il a vécu avec sa mère et ses frères à Nogent-sur-Marne dans le Val-de-Marne, où une importante communauté italienne résidait à l'époque.
Aujourd’hui, il s’en est allé, à l’âge de 110 ans.