Vendredi, Vittorio de Filippis, ancien directeur de publication du journal Libération, a été arrêté à son domicile.
Après une plainte en diffamation déposée concernant le commentaire d’un internaute publié sur le site Internet de Libération après la parution d’un article dans le quotidien sur les démêlés judiciaires de Xavier Niel, Vittorio de Filippis, a vu débarquer chez lui au petit matin, des policiers qui l’ont menotté devant sa famille et emmené au tribunal de Grande Instance de Paris.
Fouille au corps,
garde-à-vue durant cinq heures, mise en examen suite à un « mandat d’amener », Vittorio de Filippis, aura, médusé et complètement désorienté, assisté bien malgré lui à un énorme scandale qui soulève le cœur de l’ensemble des
journalistes mais aussi de la classe politique.
La Ministre de la Culture, Christine Albanel, a demandé à ce que « toute la lumière soit faite sur les circonstances » de cette interpellation peu commune à l’encontre d’un journaliste. L’
UMP a réclamé une enquête sur des méthodes policières « surréalistes et disproportionnées ».
Martine Aubry a évoqué « une grave atteinte à la liberté de la presse et aux libertés individuelles ». Le SNJ (Syndicat national des journalistes) a parlé de « démesure et de manœuvre pour intimider les journalistes ».
Reporters sans Frontières a également élevé la voix : « traiter un journaliste comme un criminel et recourir à des procédés tels que la fouille au corps est non seulement choquant, mais aussi indigne de la justice française ».
Jack Lang a pris sa plus belle plume pour s’adresser à
Rachida Dati : « La France est-elle encore un Etat de droit ? (…) J’ai honte pour notre pays ».
Cette affaire intervient alors que les Etats Généraux de la presse sont en cours… De quoi alimenter le débat qui sera forcément… De plus en plus musclé ! Voilà un « dérapage » du Ministère de la Justice et de celle des forces de l’ordre dont
Nicolas Sarkozy se serait bien passé…

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