Le lynchage du jeune juif de 17 ans samedi soir en plein
Paris a provoqué une cascade de réactions d’indignation tout autant dans la communauté juive que dans l’ensemble de la classe politique et du monde associatif.
Pour rappel, le jeune homme, coiffé d’une kippa en ce jour de shabbat, a été agressé peu avant 20 heures par une dizaine de jeunes de son âge d’origine africaine et maghrébine, selon les premiers témoignages relayés par
Le Figaro. Pour une raison encore indéterminée, les jeunes gens se sont rués sur lui et l’ont passé à tabac à coup de pieds et de poings, et « avec une béquille » alors qu’il sortait de la synagogue qu’il fréquentait habituellement, dans le quartier de Pantin. Après avoir perdu connaissance, le jeune Rudy a été transporté à l’hôpital Cochin, où il a été plongé dans le coma. Pour l’heure, son état est jugé « stationnaire » et le pronostic « réservé ». Le jeune homme serait atteint de « troubles neurologiques graves », selon des sources du journal.
Dès la découverte de l’agression, le commissariat du 19e arrondissement a pris l’enquête en main et a interpellé plusieurs jeunes, dont cinq sont actuellement en garde à vue. Devant l’aspect particulièrement sensible de cette affaire, le Parquet de Paris a ensuite décidé de confier l’affaire à la police judiciaire. Le jeune homme ne détenait en effet ni argent ni portable ; c’est donc la piste de l’acte antisémite qui est privilégiée par les enquêteurs qui restent toutefois prudents.
Alors même qu’il s’apprêtait à s’envoler pour une visite officielle en
Israël,
Nicolas Sarkozy a manifesté sa « profonde indignation » et a « assuré la victime et sa famille de son soutien ». Le chef de l’Etat a en outre réaffirmé « sa totale détermination à combattre toutes les formes de racisme et d’antisémitisme ».
De nombreuses personnalités politiques ont manifesté leur indignation devant cette agression, depuis
Michèle Alliot-Marie jusqu’à
Rachida Dati en passant par le maire de Paris
Bertrand Delanoë et le Premier ministre François Fillon, qui a promis « des poursuites judiciaires sévères ».
La Licra, SOS Racisme et le Mrap ont également dénoncé cette agression qui s’est produite dans un quartier où les tensions entre les différentes communautés sont extrêmement vives et les affrontements fréquents depuis ces derniers mois.
Selon Le Figaro, la jeune victime était connue des services de police : Rudy aurait en effet été placé en garde à vue en décembre dernier pour « coups et blessures volontaires avec arme par destination » suite à une manifestation.
Les parents de Rudy ont précisé quant à eux qu’ils « ne veulent pas de débordement et qu’on les laisse prier pour leur enfant ».