L’adoption du projet de réforme des institutions hier soir de justesse par le Congrès de Versailles par 539 voix contre 396 (il en fallait 538 pour que le texte passe) a soulevé une véritable tempête politique, pour deux raisons.
Tout d’abord parce que l’intervention de
Nicolas Sarkozy pour « ramener les brebis égarées de l’
UMP » dans le troupeau a été interprétée comme une manipulation honteuse par l’opposition. Le président est en effet intervenu personnellement pour tenter de rallier à sa cause, jusqu’au dernier moment, les députés et sénateurs UMP tentés par un vote négatif. Sept d’entre eux sont toutefois restés fidèles à leur décision initiale.
Chez les socialistes,
Ségolène Royal a déclaré que « ce n’est pas la victoire de la démocratie, c’est le renforcement du pouvoir monocratique de Nicolas Sarkozy, à coups de pressions indignes sur plusieurs députés. »
Autre sujet de polémique : le vote de
Jack Lang, seule voix socialiste en faveur de la réforme. La décision de l’ancien ministre de la culture de l’ère
Mitterrand a soulevé une vague d’indignation dans les rangs de ses amis socialistes. Ségolène Royal a fustigé Jack Lang, en citant François Mitterrand : « Sur le chemin de la trahison, il n’y a que le fleuve de la honte à traverser », ajoutant que ce type de « manquement à la probité politique ne sera plus admis au Parti Socialiste » (si bien sur elle en devient le nouveau Premier secrétaire).
L’UMP a pour sa part applaudi, par la voix de son porte-parole Frédéric Lefebvre, « l’honnêteté intellectuelle » du député socialiste. « On peut reprocher beaucoup de choses à Jack Lang, mais on doit lui reconnaître son engagement de toujours pour réformer la constitution et son honnêteté intellectuelle (…) ».
Si le premier ministre
François Fillon a salué le « courage » de Jack Lang,
François Hollande, le Premier secrétaire du PS, a demander à son parti de « tirer les conclusions de cet affranchissement de la délibération collective ». « Il aura une responsabilité et nous avons à la faire valoir », a-t-il déclaré sur
France 3. Jack Lang bientôt exclu du Parti Socialiste, quelques semaines après Michel Charasse ?
Nicolas Sarkozy a en tout cas salué depuis
Dublin l’adoption de la réforme des institutions comme une victoire de la démocratie française.