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Ingrid Bétancourt est libre


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Ingrid Bétancourt, FARC, Alvaro Uribe, Nicolas Sarkozy
Dans une actualité souvent morose voire tragique, les occasions de se réjouir sont aussi rares que les démonstrations sincères de sympathie et les remerciements chaleureux tous azimuts : c’est pourtant ce qui se produit dans le monde entier depuis l’annonce mercredi soir par la Colombie de la libération de trois Américains, onze militaires colombiens et surtout d’Ingrid Bétancourt, détenus dans la jungle par la guérilla des FARC depuis plus de six ans.


L’opération spectaculaire qui a conduit à la libération des otages est digne d’un James Bond, coups de feu et effusion de sang en moins : le commandant des forces militaires colombiennes a d’ailleurs bien précisé « qu’il n’y a pas eu un seul tir, pas un seul blessé » au cours de l’action.


C’est le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos qui en a révélé le mode opératoire à l’occasion d’une conférence de presse improvisée mercredi peu avant 21 heures. Des agents de l’armée colombienne ont réussi à infiltrer le premier cercle des FARC puis à inciter les geôliers à déplacer les otages sous le faux prétexte d’un ordre d’Alfonso Cano, leur nouveau chef, réclamant leur regroupement. C’est à bord de l’hélicoptère affrété pour ce regroupement factice que des membres des services secrets colombiens ont procédé à la libération des otages et à la neutralisation de César, leur geôlier, et de ses rebelles.


Dès l’annonce de cette libération, les députés français en pleine séance à l’Assemblée nationale ont applaudi unanimement, avant que chaque groupe parlementaire ne prenne la parole.


Le moment que la France entière et la Colombie mais surtout la famille et le comité de soutien à Ingrid Bétancourt attendaient depuis des années s’est enfin matérialisé mercredi après-midi, suscitant un immense soulagement tant les craintes concernant l’état de santé de l’ex-candidate à la présidentielle colombienne de 2002 étaient prégnantes : la candidate du parti Vert colombien, vêtue d’un treillis militaire et les cheveux noués sur la nuque, apparemment en meilleure santé que sur la dernière vidéo diffusée dans le monde entier où elle apparaissait amaigrie et le regard éteint, a fait son apparition sur le tarmac de l’aéroport militaire de Bogota où elle s’est aussitôt jetée dans les bras de sa soeur et de son mari.


Dans ses déclarations successives, Ingrid Bétancourt a comme de juste remercié le président Uribe - avec lequel elle s’est d’ailleurs entretenue au téléphone - pour la mise en œuvre de l’opération militaire qui a conduit à sa libération. C’est effectivement le président colombien, qui a fait de la lutte contre les FARC le entre même de sa politique depuis son élection en 2002, qui aura été l’acteur décisif du dénouement de ce calvaire, en dépit de nombreuses critiques lui reprochant son intransigeance et son refus de dialoguer avec les FARC. Ingrid Bétancourt a également remercié l’ensemble des personnes qui se sont battues pour elle et les autres otages, en France comme en Colombie ; à commencer par « son ami Dominique de Villepin » mais aussi Jacques Chirac et bien sûr Nicolas Sarkozy, qui avait fait depuis son élection une affaire personnelle de la détention de la sénatrice, incitant plusieurs tentatives de libération, en vain. Ingrid Bétencourt s’est également entretenue au téléphone avec Carla Bruni-Sarkozy, remerciant la Première dame de France pour sa participation à la marche blanche organisée pour son soutien.


Dès l’annonce de cette libération, Nicolas Sarkozy a réuni la famille d’Ingrid Bétancourt à l’Elysée, après s’être entretenu avec Alvaro Uribe. Dans une courte déclaration publique, le chef de l’Etat français a remercié le président colombien et rassuré les Français sur l’état de santé d’Ingrid Bétancourt avant d’annoncer le départ séance tenante de la famille Bétancourt pour la Colombie dans un avion affrété par l’Etat français, en compagnie du ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner. Nicolas Sarkozy a tenu à préciser que « dans la dernière ligne droite, c’est la Colombie et l’armée colombienne qui ont eu la main»…


Ingrid Bétancourt a promis au peuple français sa venue prochaine : "Je suis Colombienne, mais je suis Française", a-t-elle déclaré.


depeche Il y a 100 jours 7 heures 54 minutes

Le Jeudi 03 Juillet 2008
Postée par zanymonk

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