Trois ex-otages américains, Keith Stansell, Thomas Howes et Marc Gonsalves, viennent de sortir un livre dans lequel ils racontent leurs années de captivité chez les Farc de
Colombie. Ils ont été pris en otage en février 2003 lors d’une opération antidrogue pour le compte de l’armée américaine via la société Northrop Grummann. Ils ont été libérés en même temps que l’otage franco-colombienne.
Dans cet ouvrage « Out of Captivity », ils ne sont pas très tendres avec
Ingrid Bétancourt, la décrivant comme hautaine et égoïste, volant de la nourriture, ne leur faisant pas part des témoignages qu’elle entendait à la radio, cachant des livres sous son matelas sans vouloir les prêter.
Pire encore, elle aurait mis leur vie en danger en affirmant aux
Farc que les Américains étaient des agents de la
CIA à leur arrivée au camp pour que son espace de captivité ne soit pas réduit. Keith Stansell est le plus vindicatif : « Au troisième jour, elle m’a dit qu’elle était allée voir les Farc pour leur demander que nous soyons déplacés. J’ai appris ensuite par un de nos geôliers qu’elle avait adressé un mot à Sombra (un chef Farc) à ce sujet parce que nous étions des agents secrets de la CIA». «Comment une compagne de captivité pouvait-elle nous faire courir un tel danger ? Nous aurions pu être exécutés parce qu’elle voulait plus d’espace à elle dans notre baraquement.». Il raconte aussi qu’elle était « au sommet de la hiérarchie » des détenus en ayant un « incroyable sens du privilège ». Les deux autres sont plus mesurés, Thomas Howes indique qu’elle voulait « prendre l’ascendant, le pouvoir sur nous » tout en remarquant la compassion dont elle faisait preuve face à sa détresse. Il raconte pourtant sa mainmise sur la radio et sur les livres qu’elle gardait jalousement pour elle. Quant à Marc Gonsalves, il l’égratigne un peu sans que cela l’empêche de tomber un peu amoureux…
Les trois ex-otages affirment cependant ne pas avoir de rancune en faisant remarquer que les conflits entre otages étaient très fréquents.
Ingrid Betancourt se consacre elle-même à l’écriture d’un livre et n’a fait aucun commentaire.
Les Français avaient porté Ingrid Betancourt au rang d’icône… Elle n’est qu’une femme qui a vécu une terrible tragédie et des années de peur et de privations, des années durant lesquelles, tout peut être expliqué sans doute dans cette ambiance hors du temps et hors de tout, avec comme seul repère, l’instinct de survie...

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