C’était un des événements les plus attendus de ce 61e
Festival de Cannes : à grand renfort d’opérations commerciales (dont une distribution de chapeaux en feutre, de très bon goût) et après un plan média hors du commun,
Steven Spielberg et son équipe ont monté hier soir les marches du Palais des Festivals pour présenter en avant-première et hors compétition le dernier opus des aventures d’Indiana Jones : Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal.
Dix-neuf ans après le dernier épisode des aventures de l’archéologue au fouet, la première projection de ce film tant espéré avait fait se déplacer des fans et des journalistes du monde entier, impatients de découvrir le nouveau bébé produit par
Georges Lucas et réalisé par Steven Spielberg, dont – quasiment par miracle – aucune image et aucune indication sur le scénario n’avaient filtré, protégés comme un secret défense par la production… De fait, Steven Spielberg a révélé que les acteurs eux-mêmes, au nombre desquels figurent
Cate Blanchett et bien sûr
Harrison Ford, n’ont jamais eu le scénario en main…
Il faut dire que l’enjeu financier est de taille : le film sort mercredi sur pas moins de 850 écrans et son budget s’élève à 184 millions de dollars. Quant on sait que le dernier volet « Indiana Jones et la dernière croisade » a été vu par plus de 6 millions de spectateurs dans le pays, on peut comprendre que les studios Paramount aient exigé la confidentialité la plus totale.
Réaction des chanceux à la sortie de la projection exceptionnelle, (dont certains ont dû débourser jusqu’à 1 000 dollars pour obtenir une place au marché noir) : mitigées. Le film serait bien évidemment spectaculaire, mais fort peu original…
« Je n’ai pas peur du tout des critiques, je m’attends à être fouetté de toute façon. Il n’est pas inhabituel qu’un film populaire soit méprisé par certaines personnes » expliquait Harrison Ford hier au cours de la conférence de presse, serein. Apparemment, l’équipe du film est venue à
Cannes avec la certitude de devoir essuyer des remarques négatives de la part des cinéphiles « purs et durs ».
De fait, présenter un « blockbuster » dans un festival dont la programmation est réputée pour son intellectualisme et l’exigence de sa qualité artistique présente le risque d’obtenir sinon des critiques fielleuses, du moins un accueil glacial.
En tout état de cause, il reste le plaisir incontestable de revoir sur les écrans un ami de longue date perdu de vue depuis des années…