Décidemment, la grande distribution ne joue pas le jeu… Malgré la chute des cours des matières premières agricoles, les distributeurs sont toujours aussi réticents à baisser les prix dans les rayons.
Face à la flambée des cours des matières premières comme le lait ou le blé ainsi que le pétrole l’année dernière, cette hausse avait été immédiatement répercutée dans les rayons. Ces augmentations faramineuses atteignaient parfois 20 % notamment pour les pâtes et les produits laitiers !
Or, les cours mondiaux agricoles chutent et retrouvent leurs niveaux de 2006. Quant au
prix du pétrole, le baril évolue aux alentours de 50 dollars (par rapport au triple en été 2008).
Une bonne raison, normalement, de répercuter ces baisses dans les supermarchés…
Une autre raison également, est l’adoption de nouvelles lois, réclamées par les distributeurs eux-mêmes, pour faire baisser le coût du panier moyen ! La
loi Chatel a enterré la loi Galland qui interdisait de baisser les prix sous un seuil défini de manière très rigide. D’autre part, la loi de modernisation de l’économie autorise les distributeurs à négocier les tarifs des industriels.
Malgré tout… La Fédération du commerce et de la distribution (FCD) représentant les grandes enseignes sauf
Intermarché et
Leclerc, trouve que les prix devraient se stabiliser et non baisser par rapport à 2008. Intermarché prévoit aussi une stabilité alors que Leclerc prévoit une hausse qui serait inférieure à 1 %.
Pour Reine-Claude Mader, présidente de l’association de défense des consommateurs CLCV, ceci est anormal. Elle estime que les prix devraient baisser « d’au moins 10 % » et elle déplore le système des promotions et des réductions qui empêchent les consommateurs de s’y retrouver exactement dans les prix, une situation qui ne devrait pas changer, la baisse de la consommation incitant à une multiplication des promotions.
L’UFC-Que Choisir a également dénoncé les marges des distributeurs sur la viande, marges qui ont explosé ces vingt dernières années aux dépens des producteurs.
Le député UMP, président de la Commission d’examen des pratiques commerciales et rapporteur de la Loi sur la modernisation de l’économie, Jean-Paul Charié, s’est également insurgé : « Certaines enseignes exigent actuellement de leurs fournisseurs des baisses de tarifs tout en augmentant les prix dans les rayons afin de maintenir leurs propres marges d’exploitation à 25 % (…) ». Il qualifie cette pratique de « scandaleuse ». Il a également souligné que les grands industriels « incontournables » demandaient des hausses de tarifs « totalement injustifiées ». Il a précisé que la baisse des matières premières agricoles et que la nouvelle législation permettaient de baisser les prix des grandes marques de 5 à 10 % et ce, dès 2009.
Alors que les banques qui ont obtenu de l’argent de l’Etat se font toujours tirer l’oreille pour le crédit aux entreprises et aux particuliers, la grande distribution n’est pas mieux : elle engrange les profits en période de crise !