On se souvient que lors de son investiture, le
Président de la République avait affirmé qu’il n’allait pas utiliser le droit de grâce.
Exit donc les simples PV en retard, comme il était coutume de le faire pour chaque Président en début de mandat.
Or, dans un courrier
adressé à Rachida Dati le 21 novembre, l’Elysée a fait part de sa volonté de choisir 40 « détenus méritants » qui pourraient ainsi bénéficier du droit de grâce, soit, sortir de prison et ce, à l’occasion des fêtes de Noël.
L’intention, louable en soi, est peut-être un peu incongrue. Il s’agit de choisir des détenus « hors du commun » qui « auraient fait preuve d’un courage et d’une solidarité exemplaire ».
Ce sont les chefs d’établissements pénitentiaires qui ont été chargés du grand problème du choix et donc de trouver des détenus méritants. Dans son courrier, Nicolas Sarkozy précise qu’il ne sera pas question d’accorder une grâce aux récidivistes ou aux condamnés pour des motifs sexuels et des violences graves.
Le nom de Jean-Charles Marchiani a été évoqué par le
syndicat CGT Pénitentiaire. Rappelons que cet ancien Préfet du Var et proche de
Charles Pasqua a été condamné fin 2005 à deux peines de prison ferme. L’une est de trois ans, l’autre de 18 mois, pour « trafic d’influence » et « recel d’abus de biens sociaux ». Il est d’ailleurs prévenu actuellement dans le cadre de l’affaire « Angolagate » dont on n’entend plus guère parler dans les journaux. Il a été condamné pour avoir perçu de manière illégale 1,27 million d’euros lors d’un marché d’armement et 1,5 million d’euros pour l’attribution d’un marché à la société Aéroports de Paris.
Actuellement, Jean-Charles Marchiani est détenu à la Santé, dans le quartier VIP (traitement de faveur pour certains prisonniers).
Son nom a été délivré par la CGT Pénitentiaire qui n’a pas révélé ses sources. Le syndicat a publié jeudi un communiqué : « Cette libération se fera en catimini, à l’ombre de ce qui nous reste de démocratie. La CGT Pénitentiaire dénonce ces pratiques scandaleuses qui bafouent les valeurs à l’heure du 60me anniversaire de la Déclaration des Droits de l’Homme ».
Rachida Dati se refuse tout commentaire.

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