Selon les termes du projet remis aux partenaires sociaux par le gouvernement, un chômeur indemnisé depuis plus de 6 mois se trouverait dans l’impossibilité de refuser plus de deux offres payées à 80% de son salaire précédent et situées à une heure de transport de son domicile, au risque de voir son allocation chômage amenuisée ou carrément suspendue.
Concrètement, il s’agit là d’une véritable épée de Damoclès brandie sur la tête des demandeurs d’emploi, puisque ces derniers auront en quelque sorte six mois de sursis au-delà desquels ils risqueront des sanctions.
Au bout d’un an, le dispositif se durcirait encore, les allocataires ne pouvant plus refuser une offre d’emploi dont le salaire serait supérieur au montant de leur indemnisation, c’est à dire 57,4 % de leur salaire antérieur.
Cette proposition lancée par Nicolas Sarkozy a bien évidemment provoqué une levée de bouclier de la part des syndicats et des associations de chômeurs : MNCP, AC !, APEIS et le comité chômeurs de la
CGT ont en effet jugé ces mesures « inacceptables »…
« Contrôler et sanctionner lorsque l’emploi fait défaut, c’est inacceptable, c’est de la communication, c’est de la manipulation statistique, c’est opposer sciemment les chômeurs aux travailleurs, c’est rendre les chômeurs responsables de leur situation » ont-ils déclaré.
La définition exacte du terme « offre valable d’emploi » est en outre au coeur d’une controverse : « Qu’on définisse cette offre valable d’emploi en fonction de la personne. Une règle qui s’applique d’en haut pour tout le monde alors que la
France est tellement diverse, c’est ridicule » a affirmé le secrétaire général de la
CFDT François Chérèque, qui a en outre pointé du doigt la notion de temps de transport.
De fait, la situation est bien différente pour un homme célibataire et motorisé que pour une mère divorcée avec des enfants en bas âge, ne disposant pas du permis …
Selon
Nicolas Sarkozy, « l’offre d’emploi valable » consisterait pour le chômeur à des « offres d’emploi correspondant à ses qualifications et à ses aspirations ».
Le Président n’a toutefois pas précisé ce qu’il entendait exactement par « aspirations »…