En réponse à la demande de protection de l’ex-députée néerlandaise d’origine somalienne, Ayaan Hirsi Ali, la
France dit pouvoir lui apporter son « soutien », mais ne s’engage pas à lui accorder la
nationalité française…
Suite à la déclaration de
Nicolas Sarkozy au cours de sa campagne présiendentielle où, il a déclaré : « à chaque femme martyrisée dans le monde, je veux dire que la France offre sa protection en lui donnant la possibilité de devenir française », Ayaan Hirsi Ali a lancé hier un appel au président de la République Française.
Par la voix de sa Secrétaire d’Etat aux Droits de l’Homme,
Rama Yade, la France a déclaré lors d'un meeting de solidarité organisé à
Paris en présence d’Ayaan Hirsi Ali : « nous sommes vos amis. La France éternelle, celle de 1789, de Hugo, de
De Gaulle, vous a entendue ». Elle a poursuivit son discours en disant : « nous réfléchissons à la manière de vous faire accéder à la France, à la naturalisation » et de terminer par un message personnel de Nicolas Sarkozy où, il fait part de sa détermination « à agir avec les Européens pour que se mette en place un fonds communautaire pour assurer la protection des personnes menacées », mais seulement lorsque la France prendra la présidence de l'
Union européenne au 2eme semestre 2008.
Lors de ce meeting, Ayaan Hirsi Ali a déclaré : « j'ai besoin d'aide » et… « je serais honorée d'avoir la possibilité de devenir française », tout en rappelant la « promesse » faite par Nicolas Sarkozy sur la protection des martyrs.
Rappelons que l’histoire tumultueuse de cette femme somalienne née en 1969, excisée à l’âge de 5 ans, exilée (avec sa famille) au
Kenya avant de se réfugier aux
Pays Bas en 1992 fut une référence incontournable dans l’histoire politique néerlandais qui l’a nommé en 2002, députée du parti libéral (VVD), suite à un asile politique et à sa naturalisation.
Ayaan Hirsi Ali dit avoir rompu avec l'
islam (qu’elle qualifie « culture rétrograde » en traitant Mahomet de « pervers » et de « tyran » en 2004, avant d’assimiler très récemment l'islam à un « nouveau fascisme » ) le 11 septembre 2001, et décidé de s’engager dès lors dans un combat pour la laïcité et l'émancipation des femmes musulmanes.
Cette jeune femme (considérée par les organisateurs français de ce meeting) comme étant le défenseur du concept de laïcité à la française, et incarnant « la liberté d'expression et de conscience » menacée par les intégristes, se rendra jeudi prochain à
Bruxelles, alors qu'une soixantaine de députés européens essayent d'obtenir les 393 signatures nécessaires pour déposer un texte devant le
Parlement européen afin d’obtenir le financement de sa protection rapprochée.