S’il s’agissait de tenter une sorte de bilan de l’Euro 2008 désastreux de l’équipe de France, on pourrait user d’une métaphore pugilistique en comparant leur parcours à un match de boxe en trois rounds.
Premier round d’observation contre une
Roumanie attentiste qui joue les points en fuyant l’adversaire et sème le doute dans son esprit : pas suffisamment chauds et pas assez entreprenants, les Français et les Roumains finissent à égalité de points.
Deuxième reprise : des Français déjà bien ébranlés tentent une réaction et se lancent à l’attaque ; malheureusement pour eux les
Pays-Bas boxent dans une autre catégorie et envoient au tapis à quatre reprises une équipe de France qui avait malencontreusement baissé sa garde. Les Bleus regagnent leur coin sérieusement sonnés.
Et enfin, hier, le dernier round, celui au cours duquel tout peut arriver. Les Bleus montent sur le ring avec l’énergie du désespoir et l’ultime espérance d’une bête blessée, se lancent à corps perdu dans la bataille, mais rien n’y fait. Les coups pleuvent sur le corps déjà meurtri des Français. Dès la 7e minute, le colosse met un genou à terre :
Franck Ribéry quitte le ring sur blessure.
Quelques minutes plus tard, l’arbitre siffle un pénalty pour une faute imaginaire et expulse un Eric Abidal furieux de cette injustice : Andrea Pierlo ne fait pas dans le détail et place un boulet de canon dans la lucarne de
Grégory Coupet (1-0). La France va au tapis pour la deuxième fois, mais parvient quand même à se relever. L’homme de coin Raymond Domenech craint le KO définitif ; et il n’a pas tort puisqu’à la 62e minute,
Thierry Henry détourne un tir sur coup franc de De Rossi et trompe son propre gardien (2-0). Cette fois la France mort la poussière pour la dernière fois, et rentre aux vestiaires salement amochée, à l'agonie.
Lilian Thuram et Claude Makele ne s’en remettront pas : ils arrêtent leur carrière en équipe de France.
Au terme de trois matches de poule au cours desquels le jeu des Français aura oscillé entre attentisme, manque d’efficacité et poisse la plus noire, le bilan fait froid dans le dos : la France termine dernière de sa poule avec un misérable point sur les 9 possibles, un seul but marqué et 6 encaissés ; et en prime un blessé et un expulsé.
Et pour clore une campagne européenne désastreuse et une ultime soirée cauchemardesque, Raymond Domenech enfonçait le clou en faisant sa demande en mariage en direct sur M6 à l’issue du match le plus foireux de sa carrière de sélectionneur.
Après avoir contribué – pour une bonne part – à la déculottée de ses joueurs, voilà que Raymond se décide à faire d’Estelle Denis une femme mariée ?
Une soirée de cauchemar…