Fort Hood Texas, Army Base
Jeudi 5 novembre, l’Amérique était stupéfaite et horrifiée. Sur la base militaire de Fort Hood au Texas se trouvent des soldats ayant participé à la guerre en Irak ou à d’autres combats… Le stress lié aux combats à répétition et la pression de l’armée nécessitent la présence de psychiatres militaires sensés panser les blessures psychologiques des soldats, et c’est justement un psychiatre qui a pété les plombs en ouvrant le feu, tuant au passage 13 personnes.
Dans cette base militaire de Fort Hood, les soldats n’en peuvent plus et subissent le contrecoup de leurs combats dans des zones très violentes. De fait, à l’intérieur du centre militaire, les langues se délient et certaines deviennent même antimilitaristes et opposées à la guerre sous toutes ses formes. C’est un peu ce que ressentaient les soldats américains revenus du Vietnam… Avec un tel rassemblement, il n’est guère étonnant que les violences puissent se multiplier dans ce genre d’endroit et la tragique fusillade de jeudi dernier en est le témoin car à Fort Hood, il n’est pas rare que, déboussolés, les soldats s’entretuent, les suicides sont fréquents ainsi que les divorces. Les G.I paraissent à bout : 192 d’entre eux se sont suicidés en 2008 ! Et encore ! Ce serait un chiffre minimisé car de nombreux soldats, revenus à la vie civile, n’auraient pas pu affronter une « vie normale ». Dépressions, situations d’anxiétés, états morbides, symptômes post-traumatiques seraient rencontrés très fréquemment par les psychiatres de service… Cette fois, c’est un psychiatre, confronté à des « violences ordinaires » qui se déroulent dans ce camp spécial, qui a laissé échapper son ras-le-bol.
Il faut dire que les Etats-Unis sont les premiers à s’être engagés dans ces conflits et que l’on dénombre 4 344 militaires américains morts en Irak et 900 en Afghanistan… Des chiffres officiels montrent que 52 % des militaires souffriraient de traumatismes psychologiques…
A Fort Hood, particulièrement, la tension devenait palpable à tel point que le lieutenant général Robert W. Cone avait demandé de renforcer la vigilance. Le 2 novembre, il écrivait au personnel du camp : « Je demande à tous les responsables de faire de la santé mentale des soldats une priorité. Nos soldats ont droit à rien de moins que les meilleurs soins dans un environnement débarrassé de préjugés et de conséquences négatives ». Bref, les soldats américains pètent les plombs, surtout ceux revenus d’Irak ou d’Afghanistan.
Ce discours semble être un vœu pieux car seulement 408 psychiatres s’occupent de 550 000 hommes et femmes employés dans l’armée américaine…
Quant au psychiatre militaire de Fort Hood qui a commis cette fusillade, il s’agit de Nidal Malik Hassan. Il avait demandé à être démobilisé et avait affirmé être opposé à la guerre dernièrement. Le problème est que rares sont ceux qui osent le dire face caméra, de peur de passer pour de mauvais Américains…

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