Au
Moyen Âge, personne ne s’étonnait de voir se balader un faucon pèlerin dans les rues de
Paris. Cet animal était même fréquemment domestiqué. Mais ces temps sont révolus car le faucon pèlerin est une race de rapace qui a bien failli s’éteindre à cause des pesticides employés dans l’agriculture et c’est désormais une espèce protégée… Pourtant, on redécouvre son utilité aujourd’hui car il est un fameux chasseur de pigeons qui envahissent un peu trop la capitale.
Un couple de faucons pèlerins avait été repéré l’année dernière dans le quartier d’affaires de
La Défense mais il n’avait pu y construire de nid tant les parois des buildings sont lisses… Aucun recoin, aucune cavité, aucun petit trou ne leur permettait de s’installer. Ainsi, les deux oiseaux avaient pris pour perchoirs les sommets des tours Total et Areva.
De fait, la Ligue de protection des oiseaux a décidé d’installer un nichoir en haut de la tour Gan comme l’explique Fabienne David : « C’est une des plus hautes tours du quartier, avec une vue exceptionnelle sur tout l’ouest parisien mais les oiseaux ne s’y sont pas encore installés ». D’autres nichoirs pour faucons pèlerins avaient déjà été installés en 2004 à Paris, sur une tour de la Bibliothèque nationale de France afin d’éloigner les pigeons et autres étourneaux qui laissent sur leur passage un nombre impressionnant de fientes… Et justement, les pigeons et les étourneaux sont le repas favori des faucons pèlerins… Mais pourtant, les nichoirs concoctés par la Ligue de protection des oiseaux n’ont pas l’air de plaire à nos rapaces ! Ils ont seulement été habités par des faucons crécerelles, beaucoup plus petits et communs qui eux, n’aiment que les insectes et les rongeurs (remarquez, ils sont bien utiles quand même !).
D’autres villes (une trentaine) accueillent déjà des faucons pèlerins comme Albi,
Auxerre,
Bayonne,
Chartres où ils nichent sur le toit des cathédrales, dans les châteaux d’eau et dans tout grand haut bâtiment d’où ils peuvent tout voir aux alentours et foncer sur ses proies en piqué à 250 km/h !
Mais comment faire pour l’attirer à Paris ? L’air de la capitale serait-il trop pollué pour notre bel oiseau ? Pourtant, il y trouverait de la nourriture à foison avec tous ces pigeons qui pullulent !... Avantage que n’apprécient d’ailleurs pas les colombophiles comme le déclare Jean-Luc Dernoncourt, conseiller technique de la fédération colombophile française : « les faucons pèlerins font des ravages parmi les pigeons voyageurs, c’est un problème assez dramatique ».
Alors faut-il protéger les pigeons ou aider une espèce protégée ? Le débat est lancé !

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