Le magazine Auto Plus a révélé que des quotas de PV existaient bien dans toute la France en ce qui concerne les infractions routières tandis qu’Europe 1, en janvier, révélait qu’à Marseille, la police avait des objectifs précis pour lutter contre l’insécurité selon des notes internes du Ministère de l’Intérieur. À l’époque, le ministère de l’Intérieur avait indiqué qu’il ne s’agissait que d’une initiative locale et que nulle consigne de cet ordre n’était diffusée à l’échelle nationale. Auparavant encore, à
Dunkerque, un document du même type avait été rendu public.
Voilà que le magazine Auto Plus lance un nouveau pavé dans la marre en produisant des circulaires mais aussi des témoignages. Dans une circulaire concernant la brigade motorisée urbaine de la Marne, il est stipulé que les forces de l’ordre devront « réaliser a minima les objectifs suivants »… Et d’énumérer des quotas d’infractions à constater comme 35 timbres amendes pour le non-respect de feux rouges, 110 timbres pour défaut de contrôle technique, 66 timbres pour non-port de la ceinture, etc. Aucune justification sur le nombre de ces timbres amendes ! Idem à Paris où les policiers doivent dresser 100 PV par mois. Outre ces documents écrits, le magazine Auto Plus a également le témoignage d’un gendarme en Île-de-France qui évoque les pressions subies. Ainsi, il raconte : « Lors des services de nuit, les contrôles prévus pour quatre heures peuvent durer deux heures de plus si l’on n’atteint pas le résultat escompté par la hiérarchie ». Selon Pascal Pennec, rédacteur en chef adjoint d’Auto Plus, « Les forces de police n’ont plus le choix. C’est la culture du résultat. Il faut rapporter ce quota de PV. Si ça n’est pas réalisé, tous les débordements sont possibles »…. Débordements dans les horaires ? Débordements dans les infractions relevées qui n’en seraient pas ? Il précise également que la pression n’est pas identique partout : « Il suffit d’un chef qui veut faire du zèle et les policiers sont obligés de suivre ».
Du côté de la gendarmerie, on signale que ces pratiques sont interdites : « La direction générale de la gendarmerie nationale donne des orientations d’ordre général mais interdit formellement les objectifs chiffrés ».
Par contre, le secrétaire général police-
Force ouvrière, Nicolas Comte, évoque, lui aussi, « la religion du chiffre à tout prix (…) Même si dans une ville, l’accidentologie baisse, les services devront obtenir des résultats plus élevés que l’an passé ».
Certes, ce n’est pas la première fois que de telles accusations sont lancées mais, comme d’habitude, ces « circulaires » iront à la poubelle avant que d’autres ne fleurissent, faisant, de l’automobiliste, une vache à lait malgré lui et souvent aussi malgré les policiers et les gendarmes…

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