C’est donc une finale de l’Euro 2008 très prévisible qui opposera donc dimanche l’Allemagne à l’Espagne, puisque les deux monstres du football européen actuel ont réussi, au terme de parcours radicalement différents et en développant deux footballs à l’opposé l’un de l’autre, à se défaire de leurs adversaires respectifs pour se hisser jusqu’au dernier match tant attendu.
Comme ils l’avaient déjà fait en match de poule (4-1), les hommes de Luis Aragones se sont en effet imposés face à la Russie hier soir avec trois buts d’écart, ne permettant même pas cette fois à leurs adversaires, méconnaissables, de sauver l’honneur : ils l’ont emporté trois buts à zéro au terme d’une rencontre qu’ils auront éclaboussé de leur talent, notamment en seconde mi-temps.
Les Russes de Gus Hiddink n’ont fait illusion qu’en première mi-temps, ne se procurant que de rares occasions de buts, et en ne cadrant qu’un seul tir … Adieu, l’équipe entreprenante et pleine de vivacité des matches précédents ; peut-être fatigués par l’énergie déployée depuis le début de la compétition ou écrasés par l’enjeu, les Russes, à l’image de leur star Arshavin, invisible hier soir, ne sont jamais vraiment entrés dans le match. Peut-être avaient-ils encore en mémoire l’affront subi lors de leur précédente confrontation avec la Seleccion.
Les Espagnols ont en revanche montré qu’en plus de leur furia et de leur efficacité, ils étaient capables de se montrer patients et méthodiques, un peu à l’image d’ailleurs de leurs futurs adversaires de la Mannschaft. Après avoir posé les premières banderilles en première période, les Espagnols ont porté trois coups successifs, fatals à leur adversaire, par Xavi dès le début de la seconde période (50e minute, 1-0), puis par De Guiza 20 minutes plus tard (2-0) avant de porter l’estocade en fin de match par Silva, faisant mordre la poussière au monstre russe (3-0). Les Espagnols ont montré qu’ils étaient capables de gagner « avec la manière », même privés de leur buteur David Villa blessé dans la première demi-heure de jeu.
Des Espagnols inexpérimentés (ils n’ont pas atteint ce stade de la compétition depuis 24 ans) affronteront donc dimanche à Vienne une équipe d’Allemagne capée en diable. Puissance physique contre vivacité, solidité défensive contre « tout pour l’attaque », efficacité contre créativité, l’opposition de style promet un spectacle de qualité…
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