Le sport espagnol serait-il en passe de s’imposer dans l’ensemble de l’Europe ?
La question peut se poser dans la mesure où, à l’image d’un
Rafael Nadal victorieux pour la quatrième fois consécutive du tournoi de tennis de
Roland-Garros dans un déploiement de puissance et d’efficacité impressionnant, c’est l’équipe nationale de football de son pays qui a hier conclu une épopée européenne sans le mondre faux pas en devenant, 44 ans après son précédent titre, championne d’Europe des Nations.
Meilleure attaque avec 12 buts marqués pour 117 tirs au but (le record), meilleur buteur (David Villa, avec 4 réalisations), meilleure défense (avec deux buts encaissés seulement en 6 matches, et enfin 6 matches gagnés sur 6 disputés : la Roja a éclaboussé de son talent cet Euro 2008…
C’est donc en toute logique que les joueurs de Luis Aragones se sont imposés hier à soir dans un stade de
Vienne, en dépit de l’absence de sa star David Villa (qui termine tout de même meilleur buteur de l’Euro) sur l’impulsion de Xavi et Senna en milieu de terrain ; face à une équipe d’Allemagne dont le jeu « old style » n’aura pas réussi à faire la différence.
Après vingt minutes de blocage du jeu par les Allemands, les attaquants espagnols annonçaient la couleur, d’une tête puissante de Torrès qui catapultait le ballon sur le poteau de Lehman. Mais le coup de semonce allait vite se transformer en réalisation effective, puisque à peine dix minutes plus tard, ce même Torres – décidemment le héros du match – inscrivait le premier et dernier but de la rencontre d’une balle piquée consécutive à une ouverture de Xavi (1-0, 33e minute).
La Seleccion allait ensuite pousser tant que faire se peut pour marquer le but libérateur ; en vain. Malgré un jeu entièrement tourné vers l’attaque, les Espagnols n’allaient jamais parvenir à marquer le deuxième but tant espéré, se faisant même quelques frayeurs dans les dix dernières minutes de jeu, face à des Allemands revigorés par l’entrée en jeu de Kuranyi. Mais les Espagnols allaient réussir à traverser l’orage sans se faire foudroyer, et reprendre la mainmise sur le jeu jusqu’au coup de sifflet final ; offrant enfin une grande victoire à la Roja après des années d’attente.
Luis Aragones avait promis en cas de victoire de faire le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle : s’il tient parole, il y a de fortes chances qu’il croise sur les chemins caillouteux de la Mesa bien des pèlerins espagnols avec le maillot national sur les épaules…