L’enquête sur les conditions de la détention d’Elisabeth Fritzl, séquestrée et violée par son père pendant 24 ans, a révélé des détails sur le comportement machiavélique et parfaitement organisé de ce dernier.
Suite aux déclarations de l’individu, selon lesquelles il aurait été jusqu’à menacer ses victimes de les empoisonner au gaz si elles tentaient de s’échapper, les policiers ont cherché à s’assurer de l’installation dans la cave familiale d’un mécanisme d’introduction de gaz.
Josef Fritzl avait révélé en garde à vue l’accès à l’abri antiatomique de 60 mètres carrés qu’il avait lui-même construit et transformé en prison pour sa fille et plusieurs de ses enfants issus de rapports incestueux.
Ce dernier semble avoir tout prévu, puisqu’il s’avère qu’un dispositif électronique était prévu pour s’ouvrir après un laps de temps programmé par le bourreau, dans le cas où il lui arriverait quelque chose…
Suite à l’interrogatoire de certains des ex-locataires de l’immeuble, quelques détails ressurgissent du passé et viennent apporter un éclairage au calvaire de la jeune femme et de ses enfants.
L’un des locataires, Sepp Leitner, a raconté avoir payé, par erreur, la facture d’électricité de la cave. « Si j’avais creusé un peu plus, jusqu’à élucider complètement le mystère de la facture élevée d’électricité, on aurait peut-être pu trouver cette cachette beaucoup plus tôt » a-t-il affirmé.
Il s’est également souvenu que son chien aboyait systématiquement en passant devant la cave.
« On croyait qu’il se réjouissait simplement de sortir" a-t-il confié...
Egalement interrogée par les enquêteurs, la sœur cadette du bourreau, Christine R., a révélé que Josef Fritzl « descendait tous les matins à sept heures dans la cave, soi-disant pour y concevoir des plans de machines qu’il vendait à des entreprises ».
Selon elle, son frère aurait également été condamné à une peine de prison ferme à la fin des années soixante, pour viol : cette condamnation est aujourd’hui effacée du casier judiciaire de Fritzl…
En raison de leur état psychique, les principaux témoins de l’affaire : Elisabeth, cinq de ses six enfants et sa mère Rosemarie, hospitalisés en
psychiatrie, ne devraient pas être en mesure de témoigner avant une longue période. L’aînée des enfants, Kerstin, âgée de 19 ans, était toujours jeudi dans un état critique.
L’hôpital psychiatrique a en outre dû faire appel à une société de gardiennage privée pour tenir les journalistes à distance…