Aujourd’hui, la Cour d'assises des Ardennes poursuit l'examen des meurtres et viols ou tentatives présumés de
Michel Fourniret, avec le cas d'Elisabeth Brichet, une jeune fille de 12 ans, disparue le 20 décembre 1989 alors qu'elle rentrait chez elle, près de Namur en
Belgique.
C’est en 2004 que son corps a été retrouvé dans les Ardennes au château du Sautou.
Au cours de son procès qui a débuté depuis le 27 mars dernier à Charleville-Mézières, où il avait brandi un écriteau: « sans huis clos, bouche cousue », Michel Fourniret a rompu son voeu de silence plusieurs fois devant les tentatives des avocats des parties civiles qui se sont relayés pour l'interroger mais, n'a pas apporté d'éléments conséquents sur les deux premiers meurtres examinés à l'audience.
Pendant 4 jours la semaine dernière, la cour a étudié le rôle respectif de Michel Fourniret et de
Monique Olivier dans les meurtres de Fabienne Leroy (étudiante de 20 ans, violée puis tuée par balle en 1988 dans la Marne), et de Jeanne-Marie Desramault (21 ans, disparue en 1989 à Charleville-Mézières).
Lors de l'examen des faits qui sont reprochés à l'ancien dessinateur industriel âgé de 66 ans, ce dernier a continué de réclamer le huis clos en échange de sa participation aux débats, même si, en début d'audience il s’est contenté d'un laconique « je reconnais les faits ».
Lundi dernier, Me Gérard Chemla (1 des avocats de la famille Leroy), a essayé d'amadouer le tueur en série présumé en rappelant qu'il était également père de cinq enfants. L’ogre des Ardennes a alors accepté de répondre à quelques questions par des hochements de tête, avant de se murer à nouveau dans le silence.
Mardi, il a repris la parole spontanément pendant un bref instant pour défendre Monique Olivier, interrogée par l'
avocat.
Toutefois, le tueur en série s'est violemment emporté lorsqu'il a été interpellé par Me Didier Seban, (avocat de la famille Desramault). Dans sa fureur, il a confondu deux victimes, en citant l'affaire d'Estelle Mouzin, une fillette de 9 ans disparue en 2003 en Seine-et-Marne. Il a ensuite a systématiquement opposé le silence et un regard haineux aux questions de l'avocat, qui l'a interrogé plusieurs fois sur sa vie sexuelle.
L’avocat Me Seban a déclaré à l'issue de l'audience: « je ne tente pas de l'amadouer, je le montre tel qu'il est, monstrueux. C'est probablement pour ça qu'il ne m'aime pas » !
Rappelons que, le meurtre de Jeanne-Marie (dont le corps avait été retrouvé lors de fouilles en 2004 au château du Sautou une ancienne propriété du couple dans les Ardennes), est le seul parmi les 7 homicides aggravés reprochés à Michel Fourniret, pour lequel son épouse Monique Olivier est accusée d'être co-auteur.
Dans les autres dossiers, Monique Olivier (ancienne garde-malade âgée de 59 ans), est poursuivie pour complicité.