Aujourd’hui, après la procédure judiciaire engagée par Chantal Sébire (une femme défigurée car, atteinte d'une tumeur incurable) qui demande une aide à mourir, le
Premier ministre François Fillon et, la ministre de la Justice
Rachida Dati se sont déclarés opposés toute législation autorisant l'
euthanasie dite active.
Le premier Ministre a déclaré en ces termes : « je ne pense pas qu'il faille à cette occasion faire penser aux Français qu'on pourrait par la loi régler dans le détail cette question qui est la question de la vie, la question de la mort ». Il poursuit en disant que, « ce débat doit continuer mais je ne peux pas, moi, aujourd'hui, en tant que Premier ministre, apporter une réponse péremptoire à une question qui touche au plus profond de nos consciences ».
Dans le même sens, Rachida Dati s’est également opposé à une réforme et a déclaré (à titre personnel) que « … la
médecine n'est pas là pour administrer des substances létales ».
Cette demande d’euthanasie adressée au
TGI de
Dijon relance vieux, mais vif débat la mort provoquée médicalement de Vincent Humbert, un jeune homme totalement paralysé, muet et aveugle après un accident en 2003.
Avec le soutien de ses 3 enfants, Chantal Sébire s'est exprimée dans les médias pour faire savoir que sa demande était volontaire, réfléchie et déterminée. Elle demande aujourd’hui au Tribunal de Dijon d'autoriser le médecin de famille à lui administrer une substance mortelle.
Selon la ministre de la Justice, le juge, qui doit statuer mardi prochain, ne pourra que rejeter la demande d’euthanasie et elle argumente ses propos en disant que, « ce n'est pas notre droit. Nous avons fondé notre droit, et aussi bien la Convention européenne des
droits de l'homme, sur le droit à la vie ».
Même si, lors de sa campagne présidentielle
Ségolène Royal s'était prononcée pour une législation qui légaliserait l'aide active à mourir dans les cas extrêmes, les 2 ministres français de l’actuel gouvernement ont jugé « suffisante » la loi Leonetti adoptée en avril 2005 qui autorise l'arrêt des traitements et l'administration massive de médicaments anti-douleur même s'ils présentent un risque mortel, mais pas (comme le souhaite Chantal Sébire) la mise à mort de patients agonisants.
En
Europe, les
Pays-Bas et la
Belgique ont légalisé l'euthanasie active dans un cadre très précis et la loi ne s'applique que dans les cas extrêmes. Quant à la
Suisse, elle donne droit à l'assistance au suicide, même pour les personnes qui ne sont pas atteintes d'affections mortelles.