Aujourd’hui, l’on se demande si le maire socialiste de paris,
Bertrand Delanoë aurait-il intentionnellement « jeté l’huile sur le feu » ?
En effet, lundi dernier, le Conseil municipal de
Paris a décidé d’accorder un statut honorifique de « citoyen d’honneur » de la capitale : décision qui n’a guère plu au autorités chinoises.
Pire encore, la diplomatie française quant à elle, est encore plus embarrassée au moment où, le chef de l’Etat envoie
Jean-Pierre Raffarin et Christian Poncelet (Président du sénat) à
Pékin pour transmettre des messages d’apaisement aux dirigeants chinois.
Au cours du débat au Conseil de Paris, Bertrand Delanoë avait souligné qu’ « aider au dialogue est un devoir de la Ville de paris ». Il poursuivit en disant que « l’engagement spirituel du
Dalaï-lama était (de son point de vue), secondaire par rapport à l’avenir du peuple tibétain ». Il ira même jusqu’à préciser : « je suis laïc, je ne suis pas devenu bouddhiste » ! Lui, pour qui, « entre l’angélisme et le cynisme, il y’a l’affirmation des convictions ».
Voilà un point de vue que, bien évidemment, les chinois ne partagent pas et qu’ils jugent « d’ingérence dans les affaires intérieures d’un pays souverain » (d’après l’ambassadeur chinois en
France, Kong Quan).
L’ambassadeur chinois en France s’est adressé au maire socialiste de Paris en disant : « vous connaissez le dalaï-lama. Certes, il est chef de file d’une des sectes dans le bouddhisme tibétain. Mais il est surtout un exilé politique qui dirige un gouvernement en exil et qui mène des activités séparatistes ».
Notons qu’il avait même écrit aux élus parisiens afin de les dissuader d’honorer le dalaï-lama et pour Pierre Schapira (adjoint aux affaires internationales de la Ville de paris), il s’agit d’une « pression inadmissible ».
Par ailleurs, au Quai d’Orsay, on prend bien soins de souligner que, la décision de la Mairie de paris n’engage pas la diplomatie française et, Pascale Andréani (porte-parole du ministère des Affaires Etrangères) a déclaré que : « les collectivités locales sont tout à fait indépendantes et donc, ce que font les communes, les municipalités, c’est leur responsabilité ».
Le plus dur encore, c’est qu’aujourd’hui, Jean-Pierre Raffarin s’envole pour Pékin. Il a toutefois déclaré que « l’initiative parisienne est « inopportune dans la mesure où, elle prend la forme d’une pression occidentale ». Il affirme par ailleurs que,
Nicolas Sarkozy « attend la concertation européenne » en vue de décider « en cohérence avec sa fonction de président de l’
union européenne », s’il se rendra ou non, à la cérémonie d’ouverture des
JO.