Le gouvernement l’a annoncé : il faut s’attendre à une contraction du produit intérieur brut de 1,5 % pour 2009 et à un déficit public de 5,6 % du PIB fin 2009. Il a donc revu le déficit budgétaire à une hausse fixée à 103,8 milliards d’euros selon les anticipations produites dans la loi de finances rectificative. Ainsi, la dette publique serait portée à 73,9 % du PIB en 2009 et à 77,5 % du PIB en 2010. Or, le pacte de stabilité européen prévoit un plafond de 60 % du PIB.
Ces chiffres donnent le tournis ! 103,8 milliards d’euros ! On parle de déficit budgétaire quand le budget de l’Etat est en déficit. En gros, les recettes de l’Etat sont donc inférieures à ses dépenses, y compris les remboursements des emprunts arrivés à échéance et les intérêts de la dette. On évoque par ailleurs un déficit public pour les administrations publiques incluant les administrations territoriales et la Sécu. Le déficit public advient quand les dépenses publiques sont supérieures aux recettes publiques.
Le budget, c’est ce qui fait rouler la machine. Il faut avec ce budget prévoir les investissements dans les infrastructures par exemple mais aussi payer les salaires des fonctionnaires, les allocations diverses, les emprunts et les intérêts des emprunts. Quant aux rentrées, il s’agit des impôts, taxes et cotisations diverses. Évidemment, en cas de déficit budgétaire, il faut pour ne pas s’endetter outre mesure, soit réduire les dépenses, soit augmenter les recettes, soit faire les deux, ou… laisser couler le navire en pensant que les choses vont aller mieux ensuite et en laissant les intérêts de la dette s’enfler pour la laisser à nos enfants…
Réduire les dépenses, c’est donc envisager des licenciements dans le personnel public, sauf qu’il faut ensuite payer les retraites ou ne pas remplacer le personnel partant en retraite. C’est une des mesures actuelles du gouvernement qui est si mal perçue et qui fait l’objet de revendications et de grèves. Faire la chasse au gaspi est aussi un des remèdes mais il faut déjà commencer par soi-même en réduisant par exemple les salaires des hauts fonctionnaires, des députés, des sénateurs ou les budgets de l’
Elysée… Ce qui n’est guère le cas ! Pour augmenter les recettes, on peut privatiser des biens publics ou des entreprises publiques. L’Etat possède par exemple un très grand parc immobilier qui pourrait être vendu. On peut aussi augmenter les impôts, taxes et cotisations diverses. Il ne serait pas stupide non plus d’abandonner le fameux bouclier fiscal et la disposition sur les heures supplémentaires, ce que réclame la gauche et bon nombre de Français… D’ailleurs, à ce sujet, l’idée vient à germer aussi chez certains élus de droite… C’est dire si la situation est grave !
Elle est si grave qu’Eric Woerth a déclaré sur RTL qu’il n’était pas sûr que le collectif budgétaire de mercredi serait le dernier, soit un réajustement du budget de l’Etat en fonction des événements. Il a ainsi dit « Bien évidemment, si la crise perdure et si d’autres mesures doivent être prises, elle seront prises. Il faut beaucoup de pragmatisme. La crise avance et donc on modifie nos prévisions mais surtout on prend des mesures ». On lui a également demandé si un plan de relance de la consommation était à l’étude et il a répondu : « Non, pas du tout ». Voilà qui a le mérite d’être clair ! Et voilà pourquoi aussi une nouvelle grande journée de grèves et de manifestations aura lieu le 19 mars prochain…