Ce sont près de 200 000 fonctionnaires qui devraient bénéficier d’une prime au mérite, les postes à forte responsabilité pouvant bénéficier de 14 400 euros par an au maximum.
Ce décret devrait paraître en novembre. Il concerne pour l’instant 198 200 fonctionnaires appartenant surtout à la filière administrative (intendants d’établissements scolaires, juristes dans les ministères, responsables de ressources humaines en préfecture, etc.). Selon le
Figaro, cette prime de résultats devrait remplacer « le fouillis d’indemnités et autres bonifications ». Ainsi la partie de 40 % des primes sera individuelle et variable car dépendante d’un entretien annuel d’évaluation. Le reste, soit les 60 %, sera un salaire fixe. Ces primes seront les mêmes d’un ministère à l’autre pour faciliter la mobilité.
Ceux qui bénéficieront d’abord de ce système seront ceux qui appartiennent à la catégorie A (bac+3 à bac+5) de la filière administrative soit 21 600 cadres. Les premiers fonctionnaires des ministères à être concernés seront ceux des Affaires étrangères, de l’Agriculture, de l’Environnement, de l’Education et du Conseil d’Etat (dès 2009 et au plus tard le 1er janvier 2012) et aucun délai n’est précisé pour les autres filières.
Cette part de « résultats individuels » pourra aller de zéro à 14 400 euros pour les agents ayant atteint tous leurs objectifs. Ces barèmes ne concernent pas pour l’instant les Finances, la Défense et l’Intérieur où les sommes restent à fixer car souvent les primes existantes sont plus élevées.
Les syndicats se sont montrés réticents, anticipant déjà sur les fonctionnaires de police ou de santé qui ne sont pour l’instant pas concernés : « Comment sera jugé un policier n’ayant pas assez rédigé de PV ? », « Comment sera évaluée une infirmière qui s’attarde au chevet des malades » ?, etc. En outre, la
CFDT souligne : « Il y a un risque d’arbitraire dans l’évaluation des agents par leurs supérieurs ».
Cela dit, les syndicats ont obtenu l’assurance que aucun agent ne verrait sa rémunération totale baisser la première année.
Ce décret est un sacré bouleversement dans la fonction publique, d’aucuns critiquant souvent l’immobilisme de certains fonctionnaires qui, qu’ils fassent bien ou mal leur métier, étaient sûrs d’avoir le même salaire augmenté régulièrement par les indices du coût de la vie et par les primes d’ancienneté.

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