Après le débat sur le voile qui avait alimenté de nombreuses conversations, voilà la burqa ou le niqab qui sont au centre des tergiversations. Le gouvernement est divisé sur la question, la plus farouche opposée à la burqa étant sans conteste Fadéla Amara qui demande son interdiction pure et simple. Si Luc Chatel, porte-parole du gouvernement, est mitigé, Eric Besson, ministre de l’immigration est par contre défavorable à cette interdiction. Nicolas Sarkozy devrait s’exprimer sur le sujet tout en disant, prudemment, qu’il ne faut pas « réagir à l’émotion du moment ». Effectivement, il vaut mieux bien peser les tenants et les aboutissants sur cette question délicate. Pour Eric Besson, interdire le voile intégral serait « inefficace et créerait des tensions qui n’ont pas lieu d’être en ce moment ». Déjà, en France, il est interdit d’être voilée dans les services publics tout comme à l’école. Luc Chatel, soutenu par Michèle Alliot-Marie qui est ministre de l’Intérieur mais aussi des cultes, désirerait qu’une commission d’enquête soit réunie et étudie la question pour « mesurer l’ampleur du phénomène »… Car effectivement, la burka ou le voile intégral sont de plus en plus visibles dans les rues de France et ce costume, assimilé par beaucoup à un asservissement de la femme, n’est guère apprécié en général par les Français. Encore faut-il vraiment savoir si ce vêtement est une obligation ou s’il est choisi délibérément par les femmes qui le portent et là est bien le cœur du problème car elles sont bien peu nombreuses à pouvoir avouer qu’elles le subissent tandis que quelques voix ici ou là précisent qu’il s’agit d’un véritable choix. Fadela Amara est la seule à avoir une position ferme sur la question. Il faut dire qu’en tant qu’ancienne présidente de l’association « Ni putes, ni soumises », elle a été longtemps plongée au cœur de ces problèmes. Elle désirerait donc une loi et selon elle, « il faut tout faire pour stopper la propagation de la burqa » qui pour elle, est « un cercueil qui tue les libertés fondamentales ». Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la Famille, demande un débat même si elle se dit « choquée » par cette tenue que l’on voit de plus en plus sur la voie publique. Pour Xavier Darcos, le port de ce vêtement est une « oppression » et il n’est pas question d’accepter une jeune fille vêtue de cette manière à l’école. Du côté socialiste, Martine Aubry a évoqué un véritable problème car si le voile intégral était interdit, nombre de femmes ne pourraient plus sortir de chez elles… Chez les Verts, on se pose aussi la question de l’utilité de cette interdiction et du danger de ne plus pouvoir apercevoir ces femmes cloîtrées dès lors chez elles. Quant au président du Conseil français du culte musulman, Mohammed, Moussaoui : « Evoquer le sujet de cette façon, par le biais d’une commission parlementaire, revient à stigmatiser l’islam et les musulmans de France »… Sauf que dans le Coran, il n’a jamais été dit que les femmes devaient se couvrir de la tête aux pieds pour sortir dans la rue ! Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris a évoqué « une intolérance à l’égard des femmes vêtues comme ça » tout en estimant par ailleurs que « la communauté musulmane doit vivre avec son temps et s’adapter à l’espace public où elle vit », la France étant « terre d’intégration, laïque et non communautaire ». Avec lucidité, il a ajouté : « Le Coran dit que les femmes doivent être vêtues de façon à préserver leur chasteté » et pour lui, les burqas, hidjabs et autres tchadors ne sont que des « traditions vestimentaires régionales et antérieures au Coran ». Voilà qui est dit et c’est sans doute le plus important à retenir dans cette discussion !...
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