Les bonus des traders sont la part variable de la rémunération que touchent ceux-ci en fonction des affaires financières qu’ils ont été amenés à réaliser. En d’autres termes, ce sont des primes qui peuvent être très variables et atteindre des sommes astronomiques en fonction des bénéfices ponctuels qu’ils ont pu apporter à leur entreprise bancaire ou d’investissement.
Jusqu’à présent, ces bonus n’étaient absolument pas encadrés ce qui signifie que les traders qui vendent et achètent des actions ou des paquets d’actions notamment, pouvaient recevoir des sommes astronomiques ce qui les poussait à prendre des risques de manière totalement inconsidérée en spéculant pour atteindre ou dépasser leurs propres objectifs. Certains traders pouvaient donc être millionnaires très rapidement mais pouvaient aussi faire engendrer des pertes colossales à leur société bancaire, à l’image de Jérôme Kerviel.
Désormais, les banques et les autorités de régulation en France se sont mis d’accord pour appliquer un « code éthique » afin de mieux encadrer ces bonus. Cet accord tend à rééquilibrer la part des bonus dans la rémunération totale des traders. C’est tout au moins ce qu’a indiqué la Fédération bancaire française hier dans le journal Le Monde. Cet accord a été conclu entre les banques, le Trésor, l’Autorité des marchés financiers et la Commission bancaire. Il doit être approuvé par
Christine Lagarde et il devrait entrer en vigueur cette année pour les bonus que toucheront les traders en début d’année prochaine.
Les bonus ne devront être versés qu’en cas de gains réels pour l’entreprise en tenant compte des intérêts des clients. Une part importante des bonus devra aussi être différée dans le temps pour « prendre en compte les résultats complets des opérations, souvent connus seulement après plusieurs années ». En gros, cela signifie que le bonus pourrait être supprimé en cas de pertes postérieures.
En outre, une part de ces bonus devra être versée en titres ou en options sur titres pour qu’ils soient calculés en fonction du cours de bourse de la société et de l’intérêt des actionnaires. Enfin, le conseil d’administration devra se prononcer sur la politique de rémunération et devra être tenu informé des bonus que chaque tradeur recevra mais cela, « au-delà d’un certain seuil ».
Afin que les meilleurs éléments ne quittent pas les entreprises pour proposer leurs services à l’international, cet accord devrait aussi être débattu lors du prochain G20 afin que tous les pays se mettent d’accord pour adopter la même politique.
En contrepartie de l’aide au secteur bancaire, la France va donc être le premier pays à limiter les bonus des traders.
Tout cela est destiné à réguler ces rémunérations variables exorbitantes. En France, les bonus étaient un peu moins élevés qu’en
Angleterre et aux
Etats-Unis, les « golden boys » pouvant gagner par an des primes se montant de 25 à 30 millions d’euros !

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