« Je ne crois pas qu’on vient de mettre en vente un poison », expliquait à l’AFP l’alcoologue Philippe Batel, de l’hôpital Beaujon à
Paris. « En revanche, on participe à une tendance lourde qui fait le lit des conduites addictives ».
La cause de cette vague d’inquiétude parmi les professionnels de la santé : la commercialisation depuis mardi du Red Bull, une boisson énergisante interdite en France pendant des années. La firme a obtenu l'autorisation de commercialisation du produit dans le cadre d’un accord passé avec le ministère de l’Economie, contre l’avis défavorable des autorités sanitaires.
Contrairement à la boisson du même nom déjà présente dans les rayons des supermarchés, le « vrai » Red Bull, celui déjà commercialisé dans 23 pays européens, contient en plus d’une dose considérable de caféine, de la taurine, un dérivé d’acide aminé qui possède un impact sur les connexions neuronales.
La preuve de la nocivité du produit n’ayant pas été apportée, en dépit des craintes de la ministre de la Santé
Roselyne Bachelot qui l’avait qualifié de « cocktail détonnant », et la boisson étant déjà commercialisée dans d’autres pays de l’
Union Européenne, les autorités françaises ont estimé que le principe de précaution ne constituait pas une raison suffisante pour remporter « le contentieux dont la société Red Bull menaçait l’Etat français ».
L’inquiétude se focalise essentiellement sur les jeunes, dont les spécialistes craignent qu’ils associent Red Bull et alcool.
Le ministère de la Santé souhaite ainsi que l’Institut de Veille sanitaire surveille les effets indésirables du breuvage sur ses utilisateurs. Des indications ont en outre été apposées sur les canettes de Red Bull : à consommer avec modération, déconseillé aux femmes enceintes et aux enfants.
Créée en 1987, la société Red Bull est aujourd’hui le leader mondial des boissons énergisantes, avec 70 % des parts de marché. Son chiffre d’affaires a progressé de 16,6 % entre 2006 et 2007.
Et cette ascension ne semble pas sur le point de ralentir : des procédures de demande d’autorisation ont été initiées dans plusieurs autres pays...

Il n'y a pas encore de commentaires pour cette dépêche.
Tous les commentaires sont soumis à modération (ceux abrégés en SMS seront supprimés).
Ne vous inquiétez donc pas si ceux-ci ne s'affichent pas instantanément.