Depuis hier, le chef de la diplomatie française est en tournée en Amérique du Sud en vue de le libération de l’otage franco-colombienne Ingrid Betancourt.
La première étape à
Bogota s’annonce très difficile, vu la position menaçante des autorités colombiennes.
Le Ministres des Affaires Etrangères, arrivé hier après-midi en
Colombie, a été reçu par tout d’abord par Fernando Araujo et plus tard dans la par le Président colombien
Alvaro Uribe.
Bien plus tôt,
Bernard Kouchner a rencontré Mme Yolanda Pulecio (mère d'
Ingrid Betancourt) ainsi que des familles d'autres otages. Au l’issu de cette rencontre, la mère de l’otage des Forces armées révolutionnaires de Colombie a déclaré que les engagements des présidents Rafael Correa (
Equateur) et Hugo Chavez (
Venezuela) sont indispensables pour faire avancer un échange humanitaire. Elle a souligné qu'il fallait « maintenant que le président Uribe fasse un geste ».
Par ailleurs, Piedad Cordoba (sénatrice de gauche colombienne), qui était présente à cette réunion, a estimé que la libération des trente neuf otages des
Farc « est dans les limbes » et que seul le Président Hugo Chavez peut la désentraver.
Lors des entretiens avec les politiques colombiens, un responsable de la présidence colombienne qui a demandé à rester dans l'anonymat a déclaré à la presse « il n'y aura pas de surprises, il n'y aura pas d'espace pour des surprises ». Il a poursuivit en disant : « le président Uribe campe fermement sur ses positions, .. tout était déjà verrouillé » et qu'un retour à une médiation du président du Venezuela Hugo Chavez dans l'affaire des otages était totalement exclu.
En ce qui concerne la visite du ministres français des affaires étrangères, Alvaro Uribe a donné des consignes à Luis Carlos Restrepo (son Haut commissaire pour la paix) en lui disant : « dites-lui que nous lui parlerons volontiers, mais que je ne peux rien lui dire de plus que lui répéter que les seules médiations autorisées sont celles de l'Eglise et des délégués européens ».
Or, accusée d'être partiale, les Farc rejettent toute médiation de l'Eglise, mais aussi, ne souhaitent pas discuter avec les médiateurs européens du fait qu’ils les soupçonnent d'être les initiateurs de la localisation d'un campement des Farc par l'armée colombienne qui était à l’origine de l'élimination de Raul Reyes, le 1er mars dernier en Equateur.
A Bogota, l’on estime que « le climat n'est pas très propice pour avancer dans le cadre d'un accord humanitaire », aux termes duquel des otages (dont la Ingrid Betancourt), seraient libérés en échange de 500 guérilleros détenus par les autorités. C’est pourquoi, « il ne faut pas oublier que ce thème s'est transformé en bras de fer politique entre le gouvernement et les Farc qui se prolonge alors que la situation des otages est secondaire ».
En clair, « prétendre parvenir à des accords humanitaires, aussi modestes soient-ils, est illusoire ».
Pour cela, selon Carlos Lozano (ancien intermédiaire pour un « accord humanitaire ») : « si (M. Kouchner) veut vraiment ranimer les conversations, la présence de Chavez sera très importante ». Il a continué en disant : « je ne pense pas que Kouchner puisse faire des miracles et obtenir des avancées, mais il peut ouvrir de premiers espaces afin de rétablir les conditions d'un accord ».