20 ans du Mur de Berlin et histoire
La capitale allemande est prête à recevoir aujourd'hui l'assaut sans précédent de touristes et d'invités d'honneur à l'occasion du vingtième anniversaire de la chute du Mur. Dans les heures à venir à Berlin sont attendus les chefs d'État et de gouvernement des vingt-sept pays de l'Union européenne, entre autres, le Président français Nicolas Sarkozy, le Premier ministre britannique Gordon Brown, le Premier ministre italien Silvio Berlusconi, mais encore le Président de la Fédération Russe, Dmitri Medvedev, le secrétaire d'État américain Hillary Clinton, le président de la Commission européenne José Manuel Barroso, le président de l'Ex Union soviétique Mikhail Gorbatchev, et l'ancien président polonais et leader historique de Solidarnosc, Lech Walesa. Les hôtels 5 étoiles de la capitale voient leurs suites présidentielles toutes réservées et même les auberges de jeunesse et les nombreux hôtels affichent complets.
Personne ne voulait apparemment manquer un événement aussi important et symbolique que celle du vingtième anniversaire de la chute du Mur de Berlin, dont les vestiges ont d'ores et déjà soulevé toute une génération d'Allemands. Mais les souvenirs de cet événement capital sont encore suffisamment frais, au point de transformer les célébrations officielles organisées par la ville de Berlin en une diffusion de l'événement dans le monde entier. Le seul absent est le Président des États-Unis Barack Obama qui voulait pourtant venir dans la capitale allemande et qui, quelques mois avant son élection à la Maison Blanche, avait organisé un rassemblement politique légendaire et couronnée de succès à Berlin; il est tenu d'assister aux funérailles des victimes du massacre de Fort Hood. Absent aussi chez les grandes figures allemandes au passé récent, le chancelier Helmut Kohl et son prédécesseur Helmut Schmidt, qui ont tous deux des problèmes de santé.
Les festivités commenceront ce matin à neuf heures et demie avec un service œcuménique organisé par l'église catholique et l'église évangélique au sein de l'Eglise Gethsémané, dans le quartier de Prenzlauer Berg. La même église où étaient rassemblés des dissidents est-allemand qui lancèrent les premiers, les timides protestations contre le régime d'Erich Honecker. Aujourd'hui, cette église fréquentée par les multiples familles ethniques se situe dans le quartier de Berlin-Est, qui, ces dernières années est devenu l'un des plus dynamiques et effervescents quartiers à la mode de Berlin; il attire d'ailleurs les plus grands artistes et jeunes créatifs de tous les coins du monde, et le prix des appartements et du mètre carré ne sont pas tellement différents de ceux de Manhattan, Paris ou Tokyo.
Il s'agissait de souligner que non seulement le caractère de la capitale allemande avait changé ces dernières décennies (Prenzlauer Berg était avant la chute du Mur un espace de vieilles maisons abandonnées habité par de simples ouvriers, des étudiants pauvres et une poignée de dissidents), mais également d'y instaurer une atmosphère de festivités qui va animer le centre historique de Berlin aujourd'hui.
Dans la nuit froide de 9 Novembre 1989, ils ont été des milliers de citoyens ordinaires à escalader le mur et à prendre d'assaut les postes frontières entre les deux secteurs de Berlin, après l'annonce contradictoire du membre du Politburo, Guenter Schabowski, sur la nouvelle loi sur la libre circulation. Les citoyens de l'ex RDA seront aujourd'hui au cœur de la fête, mais il y a aussi une multitude de dirigeants du monde entier et de VIP, qui à leur façon, essaieront de répondre présent à l'appel magique de cet anniversaire.
Dans l'après-midi la chancelière allemande Angela Merkel, Mikhail Gorbachev et Lech Walesa traverseront le pont Boesebruecke, l'ancien poste-frontière entre Berlin-Est et Berlin-Ouest. Un peu plus tard, les chefs d'État et de gouvernement seront reçus par le président Horst Koehler au château de Bellevue. De là, la Porte de Brandebourg n'est qu'à quelques pas. A sept heures dans la soirée, commenceront les célébrations officielles avec un concert de l'orchestre dirigé par Daniel Barenboim, mais également avec l'intervention en direct de la chancelière Angela Merkel, du Secrétaire d'État américain Hillary Clinton, et du maire de Berlin Klaus Wowereit. A huit heures du soir, un mur tombera à nouveau, cette fois ci, formé par une rangée d'un millier de pièces de domino géant qui depuis la veille, divisait de nouveau la ville en deux.