La séparation réussie de deux bébé siamois originaires de
Madagascar a fait la Une des journaux. Imahagaga et Imahalatsa étaient reliés par le thorax et l’abdomen avec un foie en commun. Ils ont été opérés par l’équipe du Professeur Yann Révillon, à l’hôpital Necker-Enfants Malades avec la coopération du Professeur Mamy Lalatiana Andriamananarivo qui a suivi les deux frères siamois depuis Madagascar. Une opération qui a duré près de six ans qui a mobilisé une vingtaine de professionnels.
Le mot « bébés siamois » vient de la naissance de deux frères nés au Siam en 1811. Ils étaient accolés et faisaient la part belle des spectacles de cirque. Ainsi, le cirque Barnum les a exhibés sous le nom de « frères siamois » durant des années. Les « Siamois » n’étaient ni plus ni moins qu’un phénomène de foire qui attirait les foules.
En fait, des enfants siamois sont des jumeaux qui sont comme soudés l’un à l’autre par une partie du corps, cela peut être le thorax (pour une grande majorité des cas), le sacrum et dans des cas beaucoup plus rare par la tête, on parle alors de « craniopages ». Cette malformation est, soit due à une anomalie embryonnaire, soit à une complication dans le cas de grossesses gémellaires. En général, il s’agirait d’une division incomplète de l’œuf unique mais dans d’autres cas plus rares, il pourrait aussi s’agir d’une fusion partielle de deux ébauches d’embryons qui étaient bien distinctes au départ. Selon l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris, une grossesse sur 100 000 serait concernée. Ce type de naissance dans les pays développés est de plus en plus rare grâce à la multiplication des échographies et dans ce cas, des
interruptions de grossesse sont proposées. Autre indication : cette malformation touche les filles dans 90 % des cas.
De plus en plus d’interventions sont pratiquées, parfois très complexes. Il faut souvent attendre que les organes aient atteint une certaine évolution avant l’opération car cette séparation chirurgicale peut laisser de graves séquelles. De plus, ce genre d’opération n’est pas toujours possible eu égard à l’anatomie des bébés siamois. En France, la dernière opération eut
lieu à Marseille en 2005, deux frères de quinze mois, Mohamed et Souleyman étant reliés par la moelle épinière à la base du dos.
Récemment encore le 18 janvier 2009, une jeune sénégalaise a mis au monde en janvier à Kolda, des triplés dont deux sœurs siamoises qui n’avaient qu’un seul anus, un seul bassin et un seul cœur. Les deux sœurs n’avaient aucune chance de survivre et elles sont décédées trois heure après leur naissance. Le troisième bébé se porte bien.
Parmi les cas extraordinaires recensés, l’on peut citer celui d’Abigael et de Britanny Hensel, deux sœurs siamoises américaines bicéphales vivant dans le Minnesota. Elles sont nées le 7 mars 1990, ont deux têtes, deux colonnes vertébrales jointes au pelvis, ont deux estomacs, quatre poumons, deux bras, une cage thoracique, une vessie, un appareil reproducteur et deux jambes. Les deux sœurs âgées de 18 ans, vivent toujours collées, pratiquent des sports, le piano, l’ordinateur, etc. Elles n’ont pas les mêmes goûts et ont fait l’objet de plusieurs documentaires.
Dans quelques mois, une Anglaise va également donner naissance à des siamois bicéphales avec deux têtes pour un seul corps. Les parents ont décidé de ne pas procéder à un avortement malgré une chance très mince de survie (20 %). Le couple n’arrivait pas à avoir d’enfant et la future Maman a déclaré « Mes jumeaux sont un don de Dieu » en espérant que ses enfants aient « la chance » d’Abigael et de Britanny.