Déficit budgétaire, PIB, déficit public, données corrigées, etc., les informations économiques que l’on nous distille à longueur de journée ne sont pas toujours très compréhensibles. Or, on nous apprend que la balance commerciale de la France débute bien mal l’année. Selon les services des Douanes, le déficit commercial français a atteint 4,55 milliards d’euros en janvier, soit beaucoup plus que prévu par les économistes qui tablaient sur un déficit commercial de 3 milliards d’euros. Ainsi, le déficit commercial français sur un an est porté à 56 milliards en 2008 !... Ce qui n’arrange pas nos affaires !
La balance commerciale relève de la comptabilité nationale. Sont pris en compte pour la calculer les exportations et les importations de biens et de services marchands (dans ce cas, on évoque la balance des biens et services). La balance commerciale française est elle, limitée aux échanges de biens sans compter les services. Les biens, cela peut être les produits manufacturés, les matières premières, les produits agricoles. Les services marchands peuvent être les voyages et les transports, le tourisme, les prestations de service ou les prestations de conseil, etc. En fait, le solde de la balance commerciale représente la différence entre la valeur des exportations et celle des importations. Donc, puisque la France est en déficit commercial, elle importe plus de biens et de services qu’elle n’en exporte. La balance commerciale est donc à la baisse avec un net déficit commercial. Il ne s’agit pas pour autant d’un appauvrissement de la France (tout au moins pour l’instant) mais d’une situation donnée qui fait abstraction d’autres richesses comme l’épargne par exemple et la France compte beaucoup d’épargnants même si elle est très endettée. La balance commerciale ne représente qu’une partie de la balance que l’on dit courante et qui fait partie de la balance des paiements : c’est elle qu’il convient de prendre en compte pour considérer le mieux possible la situation d’un pays car elle englobe la balance commerciale, l’endettement et l’épargne.
Cela dit, avoir une mauvaise balance commerciale n’est pas de bon augure. Car cela signifie que l’on importe plus qu’on exporte.
En effet, les exportations françaises ont baissé de 12,6 % en un an mais les importations ont aussi baissé dans une moindre mesure à 11,8 % sur un an pour un résultat négatif de 4,55 milliards d’euros en janvier. On a relevé une pause en décembre, pause due aux grands contrats de matériels de transport mais depuis, les exportations sont à nouveau en baisse tandis que les importations diminuent peu. Ainsi, le déficit commercial augmente d’un milliard et demi sans pour autant atteindre les niveaux records d’octobre et de novembre 2008.
Sont en cause la baisse des exportations de l’industrie manufacturière (métallurgie, mécanique, automobile, électricité, électronique, informatique) mais aussi la baisse des livraisons de céréales notamment vers l’Afrique du Nord, l’Italie et l’Allemagne. Les exportations automobiles ont diminué de moitié. Malgré une baisse des prix, le montant des importations en hydrocarbures diminue peu.
Flambée des déficits commerciaux et budgétaires et forte baisse de la production industrielle sont des signaux d’alarme importants qui donnent sans doute raison à François Fillon lors de son dernier discours alarmiste.