Une nouvelle opération anti-drogue a été menée mardi à Arthez-de-Béarn, près d’Orthez dans les Pyrénées-Atlantiques. Cinq gendarmes et un maître-chien de la police ont intercepté des élèves alors qu’ils descendaient du car scolaire. Ils les ont alignés et le chien a reniflé leurs cartables. Rien n’a été trouvé. Cette opération a été menée sur réquisition du procureur de la République entre 8 h et 10 h en présence du chef d’établissement auprès de 120 collégiens. Il s’agit d’un plan de prévention mis au point au niveau départemental.
Les parents et les enseignants ont vivement réagi. David Erwan, responsable départemental du syndicat Snes a déclaré : « Cette méthode est d’une violence symbolique très forte ». Il a condamné cette fouille qui a « fait peur aux collégiens les plus jeunes ». La FCPE a dénoncé une « police spectacle », le PS une « politique de gesticulation ». Tous ont dénoncé cette opération « traumatisante ». Le NPA a déclaré : « Ce type d’intervention n’a rien à voir avec un quelconque programme de prévention. Bien au contraire, il conduit à considérer tous les jeunes, quel que soit leur âge, comme des délinquants en puissance ». Du côté de la gendarmerie nationale, on se défend : « Il s’agit d’une opération de prévention qui a pour but de protéger et de prévenir les mineurs sur les dangers de la drogue ».
Ce n’est pas la première fois que se déroule ce type d’intervention. L’une s’était déroulée le 19 novembre dernier à Marciac dans le Gers et cela avait déclenché une vive polémique suite à des fouilles abusives sur des élèves.
Alors, faut-il permettre ce genre d’opérations dans les collèges et les lycées ? D’un côté l’on évoque la nécessaire prise de conscience qu’il faut tenter d’apporter aux adolescents sur les risques encourus s’ils dealent ou consomment des drogues. Il faut aussi leur montrer qu’il existe une autorité dans ce pays pour faire respecter des règles.
De l’autre côté, on juge que ces descentes sont traumatisantes, voire humiliantes comme dans le cas de la jeune fille dont on avait fouillé les sous-vêtements le 19 novembre. À la moindre suspicion, on peut dès lors demander à un enfant de se dévêtir devant des agents en uniforme. Ce n’est donc plus un rôle informatif et préventif mais un recours à une suspicion sans fondements.
Reste qu’on se demande si les gendarmes et policiers ne seraient pas mieux dans les quartiers de non-droit qu’ils connaissent bien et où parfois ils n’osent plus se rendre… Là où sont véritablement les dealers et les consommateurs accrocs !

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