De 1993 à 1998 s’est déroulé un grand trafic d’armes avec l’
Angola, alors en pleine guerre civile. Un véritable arsenal avait été acheté dans les pays de l’ex-Urss puis revendu sans aucune autorisation par la France notamment par Pierre Falcone et Arcadi Gaydamak, réfugié en Israël. 290 millions d’euros d’armement (dont 170 000 mines antipersonnelles) avaient été dépensés en ex-URSS puis revendus pour plus du double en Angola. La différence a été empochée par des dignitaires angolais dont le Président angolais actuel Dos Santos ainsi que de nombreux généraux.
Si la France n’a pas compétence pour juger ces hauts dignitaires angolais, elle a par contre celle de juger des décideurs français, bien arrosés eux aussi et pressés de monnayer leurs services. Ainsi, au banc des prévenus, l’on trouve des politiques (
Charles Pasqua, Jean-Charles Marchiani, Jean-Christophe Mitterrand, fils aîné du Président, Jacques Attali) mais aussi des lobbyistes (Jean-Noël Tassez, Paul-Loup Sulitzer) ainsi que des hauts fonctionnaires (le général Mouton, le juge Fenech). Lors de ce procès, on va ainsi évoquer le trafic d’armes, le trafic d’influence, les abus de biens sociaux, le blanchiment d’argent, bref… de nombreux délits imputables à la délinquance politico-financière.
Le hic, c’est le débat juridique qui va s’instaurer, les armes n’ayant pas circulé sur le sol français bien que toutes les négociations commerciales et financières aient eu lieu à Paris (argument que s’est empressé de reprendre le Ministre de la Défense
Hervé Morin). Ainsi, en vertu d’une vieille loi de 1939, les 42 prévenus pourraient échapper à leurs sanctions… Un débat politique très chaud en perspective à l’heure où la France tente de se rapprocher de l’Angola, producteur de pétrole et d’uranium...

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